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Nicolas Sarkozy porte plainte contre l'ancien patron des RG, Yves Bertrand
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, vient de décider, jeudi 16 octobre, de porter plainte contre Yves Bertrand, l’ancien patron des Renseignements généraux « pour atteinte à la vie privée », « faux, usage de faux et recel » et « dénonciation calomnieuse ». L’avocat du chef de l’État, Thierry Herzog, a rencontré en début d’après-midi le Procureur de Paris, Jean-Claude Marin, pour lui signifier cette plainte.
Cette action en justice exceptionnelle fait suite à la publication dans l’hebdomadaire Le Point du 9 octobre des « Carnets noirs de la République », les écrits que l’ancien patron des RG notait, jour après jour, lorsqu’il était encore en fonction.
Les extraits que nous reproduisons ci-dessous montrent qu’Yves Bertrand s’était intéressé de près à la vie privée supposée du chef de l’État, ainsi qu’à des dessous de table qu’il aurait prétendument touchés. À coup de ragots, de pseudos confidences et de rumeurs.
Voici les extraits des Carnets de Bertrand reproduits par Le Point qui ont amené le chef d’Etat à porter plainte
– « Sarkozy fait construire une villa à côté de Sartrouville, fait venir
des entreprises de Neuilly. Tout au black. »
– Trois mois plus tard, le directeur des RG indique à propos de Nicolas
Sarkozy qu’il « couche » avec la femme d’un député, lequel est
aujourd’hui ministre…
– Lundi 27 janvier 2003, YB remplit deux pages sur le mariage de Nicolas
Sarkozy avec sa première femme et leur séparation. Des renseignements qui
semblent tirés d’une note blanche. Y figure le détail d’une conversation
téléphonique entre l’épouse et la meilleure amie de celle-ci, où il est
question d’adultère. Tout porte à croire qu’il s’agit de la
retranscription d’une ancienne écoute téléphonique. Les deux amies
parlent entre autres de Cécilia. Plus loin, Bertrand rapporte des
informations sur la future épouse de Sarkozy, « une fêtarde », sur le
fait que ses parents avaient « un immeuble rue Marbeuf à Paris face au
restaurant Chez Edgar », et sur les conditions de sa séparation d’avec
Jacques Martin. Enfin, on y apprend que « N.S. » a acheté pour sa
première femme un appartement au château de Madrid à Neuilly.
– Pourtant, dans les carnets saisis, on lit à la fin mai 2002, à propos de
Nicolas Sarkozy, que Bertrand désigne par « Sarko » ou sous
l’abréviation « N.S » : « Sarko : un mec le tient. Tassez [Jean-Noël
Tassez, l’un des prévenus de l’Angolagate, NDLR]. » Dès lors, le nom de
l’ex-patron de Radio Monte-Carlo va revenir plusieurs fois sous la plume
d’Yves Bertrand, comme ce mois de juin 2002 : « Tassez a reçu du fric de
Falcone pour Sarko, de Jean-Christophe et de chefs d’Etat africains. » Le
2 juillet 2003, il est encore question de gros sous. Le patron des RG : «
Sarko 150 000 francs en liquide dans son cabinet. »
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