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Pilotes d'Air France en grève, 3 questions à leur porte-parole

Oubliée la retraite à 60 ans, les pilotes devront désormais attendre les 65 ans pour achever leur carrière. Bakchich a rencontré Jean-Paul Maurel, commandant de bord chez Air France et délégué du Syndicat des Pilotes d’Air France (SPAF). Interview.

Pourquoi les pilotes protestent contre un départ à la retraite plus tardif ?

« Parce-que c’est impensable. Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports n’a même pas pris la peine de négocier avec les partenaires sociaux comme il l’avait promis l’année dernière. Cette une décision qui a été prise sans demander leur avis aux pilotes. Les députés, eux, peuvent roupiller sur leur siège. Nous quand on est en vol, on ne va pas s’endormir sur le manche. »

« Dans cette décision d’un départ à la retraite plus tardif, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) a sa part de responsabilité. Certains de leurs pilotes ont fait du lobbying auprès des députés les plus libéraux pour que la nouvelle réglementation soit entérinée. D’ailleurs l’un des commandants de bord, qui a 57 ans s’est fait recalé à sa dernière visite médicale. Lui qui voulait voler jusqu’à 65 ans, il a du s’arrêter. »

Quels problèmes pose cette nouvelle réglementation ?

« Pilote de ligne est un métier fatiguant et stressant. Ca demande des efforts de concentration très intenses pour veiller au bon déroulement du vol, à la sécurité et au confort des passagers. Sur un long courrier par exemple, on peut voler 10 heures d’affilée ou faire plusieurs étapes avec autant de décollage et d’atrerrissage qui restent des opérations délicates. Il y a aussi le décalage horaire. Avec l’âge, on récupère moins vite. »

« Avant, on était plus nombreux dans le cockpit. Avec les nouvelles générations d’avions, nous sommes deux. Si l’un des pilotes a une attaque cardiaque, il n’en reste qu’un pour assurer le vol. »

Quelles seront les conséquences de ce passage du départ à la retraite de 60 à 65 ans ?

« Les commandants de bord gagnent en fin de carrière entre 10 000 et 18 000 euros par mois. Reculer l’âge du départ à la retraite revient, comme le veut la tendance actuelle, à travailler plus pour gagner plus. Une belle façon de récompenser les plus anciens au détriment des jeunes pilotes qui arrivent en nombre sur le marché. En cette période de crise, Air France devrait déjà limiter les embauches, alors permettre aux pilotes de travailler cinq ans de plus n’arrangera pas la situation. »