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Et vint le vain G20 …

La réunion du G20 à Washington était une grande première : le traditionnel G8 était étendu au pays émergents, c’est à dire que le tour de table est passé de 8 pays représentant 50% de la production mondiale à 20 pays qui en représentent 85% .

Sarkozy, qui a fortement contribué à la tenue de cette réunion, s’est multiplié dans les couloirs. Pour lui, le résultat pratique n’avait guère d’importance. Ce qui fallait, c’est qu’il consolide dans l’opinion publique française son image de grand manitou de l’économie mondiale, tellement en décalage avec le spectacle lamentable offert par ses adversaires socialistes à Reims. De ce côté-là, on peut parler de réussite totale.

L’agacement de Gordon Brown

Pourtant, sur le fond, ce qui s’est passé à Washington n’a guère eu de consistance. Gordon Brown, qui se confirme aux yeux des observateurs comme le seul dirigeant important à parfaitement maîtriser ses dossiers et à comprendre ce qu’il faut faire dans la crise actuelle, s’est montré sans cesse agacé et est reparti très désabusé. Il a été agacé par la lassitude de Bush qui, sur le départ, a fait le service minimum ; agacé par l’inexistence allemande ; agacé par les conciliabules organisés par les Russes et les Japonais dans l’objectif immédiat bien que fondamentalement mesquin de ne concéder de prérogatives supplémentaires au FMI qu’en échange du départ de DSK ; agacé par Nicolas Sarkozy qui ignore les aspects les plus élémentaires du fonctionnement de la finance internationale. Ainsi, quand est venu sur le tapis le nouveau rôle que la France souhaite voir attribué au FMI, Brown a rappelé que la plupart des sujets mis en avant par la délégation française relevaient de la Banque des règlements internationaux (la BRI). Sarkozy a esquivé de telle façon qu’il est clair pour les Anglais qu’il imagine à peine à quoi sert la BRI.

On se rappelle et on en parle

Ce qui a paru le plus positif à beaucoup, c’est l’insistance des Américains à relancer les négociations commerciales internationales dites du « cycle de Doha », négociations qui avaient échoué l’été dernier du fait du veto sur le volet agricole mis par les Indiens. Défendu bec et ongles par le Brésil, le principe d’un nouvel abaissement tarifaire dans le monde a fini par recevoir l’accord indien. Tout le monde s’en est réjoui et l’OMC a reçu mandat d’organiser de nouvelles rencontres. Certes, certains ont vu dans la ténacité américaine un coup de pied de l’âne des Républicains à leur successeur démocrate qui a annoncé qu’il n’abandonnerait pas General Motors à son destin et à sa faillite. Or, déjà, l’affaire a été portée devant l’OMC ; en renforçant implicitement cette organisation, Bush jetterait une pierre dans le jardin d’Obama.

Quoi qu’il en soit, Sarkozy rentre à Paris avec la conviction qu’il va pouvoir faire mousser trois décisions en les présentant comme d’incontestables succès : d’abord la fixation d’une nouvelle réunion du G20 en mars qui devrait porter principalement sur les normes comptables et la façon d’analyser l’activité des grandes entités financières comme les banques ou les assurances ; ensuite l’introduction du mot relance dans le communiqué final, même si c’est de façon tellement alambiquée qu’on voit mal ce que cela signifie pour des pays dont les finances publiques sont très largement mises à mal par le sauvetage des banques ; enfin, une annonce d’action réelle contre les paradis fiscaux. A Paris, on compte faire abondamment état de cette partie des conclusions du G20, dans le cadre du gauchissement continuel de la pensée présidentielle. Espérons que cela fera plaisir à Carla…Après tout, si c’est le cas, tout cela n’aura pas été inutile…

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