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Crise: dernières nouvelles du front
La dernière mode chez les économistes officiels comme chez les conseillers des princes est de s’interroger sur l’évolution des prix : allons nous vers leur hausse ( une bonne vieille inflation) ou vers leur baisse (une déflation comme dans les années 30) ?
Chacun d’avancer ses arguments. Penchent pour l’inflation ceux qui se demandent ce que vont devenir les masses de capitaux injectés dans l’économie par les banques centrales. De plus, l’accroissement de la dette publique aux Etats-Unis va inciter la première économie mondiale à chercher le plus possible comme elle le fait depuis une trentaine d’années à se défaire de ses difficultés en laissant filer les prix. Certes, le prix du pétrole s’est effondré en quelques mois de manière tout aussi spectaculaire qu’il était monté jusqu’à 140$ le baril, mais l’hiver approche dans les pays développés qui se montrent à ce moment-là fort gourmands en hydrocarbures, ce qui fait remonter les prix.
Sont convaincus que nous allons à la déflation ceux qui mettent en avant la probable remontée du chômage qui va faire baisser les coûts et peser à la baisse sur la demande. La consommation va ralentir, ce qui aura pour effet de pousser les entreprises à modérer la valse des étiquettes.
Profil bas à l’Elysée
Tandis que la BCE se dit vigilante, signe que malgré son laxisme récent qui l’a conduite à fournir le marché monétaire en liquidités sans limite affichée, elle revient à sa préoccupation première, la Réserve fédérale américaine ne dit plus rien tant ses dirigeants sont effarés par ce qui se passe. Ils ont baissé les taux et maintenant semblent passifs, annonçant simplement de façon récurrente qu’ils maîtrisent la situation. Leur conviction est que l’inflation serait plutôt une bonne chose mais qu’au niveau mondial, la faiblesse des coûts de la main d’œuvre des pays émergents fera pression sur les prix à la consommation. Quant à la quantité faramineuse de monnaie qu’ils ont mise en circulation, ils ne savent pas où est elle ni ce qu’elle va devenir. Probablement, elle finira par s’investir en bourse, ce qui fera remonter les cours. Mais quand … ? That is the question … !!
En France, Bercy table sur un retour en fin d’année de l’inflation vers le niveau symbolique de 2% en rythme annuel. On était en zone euro à 4% en juillet, et 3,2% en octobre. Au gouvernement, on préfère éviter le sujet. La préoccupation des Français étant désormais le chômage, il a été fermement indiqué par l’Elysée qu’il fallait mettre en veilleuse toute référence au pouvoir d’achat. Sarkozy qui se définissait naguère comme « le président du pouvoir d’achat » a imposé de ne plus en parler. Inflation, déflation, politique monétaire, il laisse faire la BCE et attend de voir. D’autant qu’il a maintenant hâte que la présidence française s’achève. En effet, après avoir donné l’impression d’un activisme bien venu sur la crise, il craint que les faibles résultats obtenus finissent par se voir. En plus, ses successeurs à la tête de l’Europe, les Tchèques, sont remontés contre lui et il n’est pas impossible qu’ils consacrent les premières semaines de leur présidence à démonter son bilan. Il faut donc faire profil bas et assurer un repli vers les problèmes intérieurs dont le plus marquant sera l’emploi. Retour à « ma priorité, c’est l’emploi », l’illustrissime formule qui rythme le discours politique national depuis trente ans…
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