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Bisbille autour du magot de la LCR

Mais où va le Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot ? Personne ne semble trop le savoir et en ces temps de crise majeure du capitalisme, certains pensent à mettre leurs économies de côté. Un petit noyau de cadres historiques et militants de la LCR sont pour conserver le « trésor de guerre » de la Ligue dans les coffres du parti révolutionnaire.

Si le transfert des compétences semble acquis de la LCR au NPA, le transfert de fonds, lui, ne l’est pas. Mais que peut faire le nouveau parti anticapitaliste sans capitaliser un peu d’argent ? Question tabou s’il en est. « Pour l’instant, rien n’a été décidé, mais je suis de ceux qui pensent que ce qui appartient à la LCR doit rester à la LCR car on ne sait pas ce qui va advenir du NPA. Il y a tellement d’incertitude… Ne serait-ce que le nombre de militants, qui sera, contrairement à ce qu’on nous a dit, bien inférieur à ce qui a été annoncé. Ce qui a été amassé par la Ligue est le fruit du travail des militants de la LCR et il est naturel de vouloir conserver ce travail », assure un des cadres historiques de la LCR. « Ces questions ne sont pas débattues au sein du NPA », nous assure-t-on au sein des instances officielles du parti, un brin contrarié semble-t-il. « Ce sont de fausses rumeurs ».

Question de fond pour les fonds

Le doute envahirait-il les rangs du parti trotskiste ? Rien n’est moins sûr. Ce serait plutôt le devenir du NPA qui serait en jeu. Quelle forme, quel héritage conservera-t-il ? Certains cadres du parti se posent la question des rapports du futur parti avec la démocratie. Après l’épisode Rouillan, le culte affiché pour Ché Guévarra, Olivier Besancenot est allé réveillonner au Mexique. Le pays où Trotsky fut assassiné. Un séjour sous les tropiques d’ailleurs mis à profit pour rencontrer le sous-commandant Marcos, le chef révolutionnaire de l’Armée zapatiste de libération nationale.

L’autre question est celle des alliances. Un noyau dur y serait opposé, le parti serait auto-suffisant mais comme l’avait déjà exprimé l’Unir (une association interne à la LCR pour « le rassemblement des courants et des forces politiques de gauche », les appels du pied de Mélenchon et du Parti Communiste seraient à même de créer une force de gauche pour les élections européennes. Décidément, rien de pire que les alliances pour diviser les partis de gauche.

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Anticapitalisme nous voilà
© Morvandiau

Dernier point d’achoppement, la fameuse Quatrième Internationale dont la LCR est le représentant français. Olivier Besancenot ne voudrait pas que le NPA y soit affilié directement. Mais libres à certains membres du futur parti d’y adhérer individuellement. Le désir de l’Unir est de constituer une association de la Quatrième Internationale à l’intérieur même du parti. « Ce serait plus transparent d’un point de vue politique et aussi au niveau des cotisations », assène Christian Picquet, leader de l’Unir. « Les règles seront claires et il n’y aura pas de suspicion sur les comptes »

La lutte finale de la LCR

Quid des rapports de force ? Même si les voix contestataires sont minoritaires à la LCR, la tradition trotskyste veut que les décisions soient prises de manière collégiale. Non à la dictature de la majorité ! Mais ce principe ne serait-il pas aussi relégué aux calendes… communistes. Reste que le congrès de dissolution de la LCR est repoussé d’une semaine (5 février) ainsi que celui du congrès fondateur du NPA (7-8 février) en raison officiellement de « la journée nationale de mobilisation interprofessionnelle », prévue le 29 janvier. Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon a décidé d’avancer son congrès fondateur aux 30, 31 janvier et 1er février pour éviter toute « concurrence » avec celui du NPA, a-t-on appris vendredi sur son site internet.

Olivier Besancenot va-t-il mettre de l’ordre dans ses troupes ou se laisser déborder comme lors des manifestations pro-palestiniennes le 3 janvier dernier ? La chasse au trésor a en tout cas commencé.

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