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Besancenot accouche le NPA

Lorsqu’il critique les faiblesses de la LCR, Olivier Besancenot a parfois la dent dure, lâche François Coustal. L’auteur de l’incroyable histoire du Nouveau Parti Anticapitaliste est depuis 30 ans membre de la Direction nationale de la LCR et l’un de ses rares permanents. L’enquête de cet ex-assistant d’Alain Krivine au Parlement européen, comme Olivier Besancenot, s’est donc faire au cœur du système, avec cette question centrale : « pourquoi des milliers de personnes ont-elle répondu à l’appel d’Olivier Besancenot et de la LCR de créer un nouveau parti anticapitaliste ? »

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Forte de ses résultats à la dernière élection présidentielle, la LCR, par la voix de son porte-parole Olivier Besancenot, annonce en août 2007 son ambition de créer une nouvelle formation politique. Le congrès de janvier 2008 vote en faveur d’une formation « par le bas ». « Nous avons pris rendez-vous avec notre propre histoire ! », clame alors Besancenot, « un parti militant, pas un simple fan-club d’adhérents à 20 euros par an ». Mais pas non plus « une organisation élitiste et avant-gardiste ».

Le futur NPA doit donc devenir un parti « à l’image et aux couleurs de la société » implanté dans les entreprises mais aussi dans les quartiers populaires. Et puis, Besanceot assène : « On ne peut faire du neuf uniquement avec du vieux », affirmation que certains traduiront un peu rapidement par « On ne peut faire du neuf avec des vieux »… À la fin de l’intervention, les applaudissements nourris sont au rendez-vous. Mais cela ne signifie nullement que tous les doutes soient dissipés, décrypte l’auteur du livre.

« Cette fois-ci, c’est pour de bon ! »

Si, globalement, l’idée d’un nouveau parti plaît, de nombreuses réticences s’expriment aussi bien chez les militants les plus anciens que chez les plus récents. Selon François Coustal, « les premiers trouvent un peu étrange de vouloir faire "autre chose que la Ligue" maintenant (…) alors même que l’organisation commence à être reconnue comme une référence pour le mouvement social… Quant à ceux qui (…) viennent de rejoindre la Ligue (…), cette histoire de nouveau parti ou de nouvelle force politique leur paraît assez obscure : pour eux, la "nouveauté", c’est la Ligue ! »

En fait, l’idée de construire une nouvelle force politique et de « dépasser » la LCR n’est pas à proprement parler nouvelle. Après la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, c’est même devenu le credo officiel de l’organisation. Mais à l’évidence, analyse François Coustal, « en cet été 2007, quelque chose vient de changer. Ce qui n’était qu’un positionnement politique général, une référence un peu abstraite, est devenu un projet concret, une bataille immédiate. Cette fois-ci, c’est pour de bon ! »

La LCR à la trappe

Ce changement de braquet a mûri au sein de la direction dans les semaines qui ont suivi le premier tour de l’élection présidentielle de 2007. Alors que tous les autres candidats à la gauche du Parti socialiste se sont effondrés, le score d’Olivier Besancenot est plus qu’honorable : 4,08%, 1 500 000 voix. Soit 300 000 de plus qu’en 2002. Des perspectives nouvelles de développement s’ouvrent donc pour la LCR.

Sauf qu’il y a un « mais ». Selon François Coustal, l’histoire de la LCR « érige une barrière entre l’organisation, désormais vieille de quatre décennies, et tous ceux qui bien, que largement en accord avec ses discours et ses propositions, ne peuvent se reconnaître dans ses références, une culture et une histoire militante qui leur sont totalement étrangères ». D’où ce constat : le moment est venu de changer d’outil et de « mettre en pratique le vieux rêve d’une nouvelle force politique ». Évidemment, le succès est loin d’être assuré. Mais qui ne tente rien n’a rien !

« Faut-il envisager une coalition plus large avec le PC et le PG ? »

Depuis lors, les comités NPA fleurissent par centaines, regroupant des militants de la LCR, d’anciens du PS, du PC, de LO et de nouveaux venus de la politique séduits par le discours d’Olivier Besancenot. On y trouve tous les profils : des ouvriers, des bobos, des travailleurs sociaux, des jeunes, des moins jeunes… D’où la question que se pose un des militants du NPA, rapporté dans le livre : « est-ce que ces types de personnes peuvent cohabiter dans un même parti ? »

Selon François Coustal qui raconte des réunions militantes, il faut s’attendre à ce que, dans un premier temps, la cohabitation soit animée.« Cela dit, tout bien réfléchi, c’est là un problème qui se posait déjà à la LCR, depuis quelques années… » Au moins, ses partisans s’accordent-ils sur un point : le NPA « n’a pas vocation à être une force supplémentaire et finalement subordonnée au PS ». C’est clair !

« Chacun convient que le congrès de la fondation du NPA ne pourra pas tout régler », affirme l’auteur de L’incroyable histoire du NPA. « Une seule question donne lieu à des orientations différentes : la préparation des élections au Parlement européen, prévues pour juin 2009. Faut-il chercher à rassembler les anticapitalistes ? Ou bien envisager une coalition plus large, avec le PCF et le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ? »
En prenant l’initiative du NPA, conclut Coustal, la LCR a contribué à créer une attente dont l’ampleur et la profondeur ont de quoi effrayer. Le NPA sera-t-il capable d’y répondre ?

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