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Compte japonais : comment Villepin soutient Chirac

« Le président Chirac n’a jamais eu de compte bancaire au Japon ». Voilà en substance ce qu’a déclaré, sans rire et sur procès-verbal, l’ancien Dominique de Villepin interrogé hier par le juge Jean-Paul Redonnet, ainsi que l’a révélé le site internet de l’Express.
La dénégation était attendue. Même si elle va avoir du mal à convaincre le magistrat-instructeur, qui réunit depuis des mois une imposante documentation sur cette affaire de compte japonais.

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© Nardo

Après avoir perquisitionné, en juin dernier, les locaux de la DGSE, saisi toute une série de pièces confidentiel-défense sur les petites économies de l’ancien chef de l’Etat au Pays du Soleil Levant, le juge Redonnet, basé à Papeete, est de retour à Paris pour confronter tous les acteurs du dossier – et notamment l’ex-chef de l’Etat, le principal intéressé – aux éléments qu’il a réunis jusqu’ici.

DDV, le Japon, la chronologie

Habitué aux démentis aussi catégoriques que grotesques depuis qu’il a été pris la main dans le sac dans l’affaire Clearstream, l’ancien Premier ministre a donc opposé, jeudi, le démenti le plus formel aux questions du juge.

Et pourtant, en matière de japoniaiseries, DDV en connaît un rayon. Et ce, depuis de longues années ! Petite chronologie.

Le 14 septembre 2001, le président Chirac, alerté que les services secrets étaient sur la piste de ses avoirs japonais, lui confie, en tant que secrétaire général de l’Elysée, une mission de confiance : superviser les contre-investigations demandées au général Philippe Rondot sur le dossier.
Dès le 28 septembre, DDV reçoit une première note du général Rondot, résumant l’état des archives des services sur le sujet. Cette note, saisie par le juge Redonnet, indique noir sur blanc « qu’il y a bien eu une enquête au Japon (…) Elle a porté sur les avoirs du président Chirac dans la Tokyo Sowa Bank (…) ». DDV répercute auprès du Chi. Et fait part au général Rondot de la réaction du « PR », le président : « Le Président est outré de ce qu’il apprend le concernant, lui rapporte le secrétaire général de l’Elysée. Il va écrire au Premier Ministre (Lionel Jospin) ».

« Le compte existe bien. Il est alimenté »

Dès lors, Villepin va suivre le dossier comme le lait sur le feu.
Le 8 novembre, le général Rondot lui fait part du résultat de ses investigations complémentaires : « Le compte de Jacques Chirac existe bien. Il est alimenté ».

Même nommé aux Affaires Etrangères, l’année suivante, Villepin met un point d’honneur à se tenir informé. Le 23 mai 2002, il s’interroge même devant le général Rondot (qui le consigne scrupuleusement dans ses notes) : « Ne faudrait-il pas relancer l’enquête, en l’approfondissant pour découvrir l’instigateur de l’affaire (japonaise) ? ». A ce moment-là, la question pour DDV n’est plus depuis longtemps : le président a-t-il un compte au Japon ? Mais : qui l’a trouvé et quelle exploitation politique pouvait-elle en être faite ?

Face à cette chronologie, telle qu’elle figure dans les pièces du dossier d’instruction du juge Redonnet, les dénégations de Villepin risquent de ne pas peser très lourd…

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