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Kouchner, la presse s'est mise aux Gabonais absents!

Merci à vous ! Merci aux internautes de Bakchich ! Sans vous et sans vos réactions indignées ou ironiques, nous aurions eu l’impression d’avoir mal évalué l’importance des documents que nous avons publié mardi dernier. A savoir deux malheureux topos de six pages et neuf pages (dont trois, pour cette seconde note, pour les annexes), indignes d’un élève de Sciences Po de première année. Les contributions de Kouchner à la santé au Gabon ont été réglés 2,4 millions d’euros, soit 173000 euros la page.

« La gerbe », « une véritable honte ! », « Arnaqueur et bouffon », voici quelques unes de vos réactions, toutes en nuances. Et on comprend votre indignation. Et l’un d’entre vous rappelle que le « croquignolet rapport en Biramanie » ne faisait, lui, que 18 pages.
Voici réhabilitée Xavière Tiberi et salué son fameux rapport sur la francophonie ! Joli post de l’un d’entre vous, s’affublant du pseudo de Xavière, qui nous écrit : « Dans un rapport, c’est obliger de faire des fôtes »

« Et qui plus est,en continuant à donner des leçons »

Même si Monsieur Kouchner n’était pas devenu le patron du Quai d’Or frais, l’affaire serait grave. Qu’un consultant, ancien ministre, ponde des notes aussi médiocres et prenne de tels honoraires est choquant. « A 173000 euros la page »,nous écrit un internaute sous le pseudo d’offtheroadagain, « on imagine le nombre de dispensaires, de campagnes de vaccination, de soins que cet argent aurait pu permettre de mettre en place, s’il avait été mieux utilisé ». Que l’ami Bernard qui a surfé toute sa vie sur la noble cause de l’humanitaire se voit attribuer de telles sommes par un pays africain est juste, et en pesant les mots, une honte !

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© Nardo

Comme il est indécent qu’une belle âme comme BK « travaille », si on peut dire, pour aider Bongo, Sassou et autres dictateurs birmans. « Ce qui est triste dans cette histoire », poursuit notre internaute, « c’est la capacité de ce personnage à profiter d’un passage assez limité de sa vie au service des autres pour se mettre ensuite au service exclusif de ses intérêts, sans vergogne et qui plus est en continuant à donner des leçons. »

Le pillage du Tiers Monde, vous connaissez ?

Apparemment, la grande presse notamment de gauche -du Nouvel Observateur au Monde et jusqu’aux sites indépendants, type Mediapart- n’est pas choquée par ce pillage du Tiers Monde, comme on aurait dit autrefois. Pas une reprise sur ces pathétiques rapports, véritable gifle donnée au peuple gabonais. A l’exception du site Arrêt sur Images et de notre partenaire Le Télégramme, tous les médias se sont mis, pour reprendre le mot d’un internaute, « aux gabonais absents ». Quand ils ne prennent pas à partie, comme Philippe Val dans Charlie, qui accuse de pétainisme ceux qui comme Pierre Péan et Bakchich osent s’en prendre à son ami Bernard.

Pourquoi cette impunité médiatique ? Certains d’entre vous dans vos messages voient, dans ce silence de la presse, la main de Nicolas Sarkozy. L’explication, un peu mécanique, est dans ce dossier totalement erronée. Les principaux collaborateurs du chef de l’Etat souhaitaient, comme nous l’avons écrit, le départ de Kouchner et sa nomination dans une sinécure éloignée à l’Onu et ailleurs. Ce sont d’ailleurs moins les petits arrangements de B.K avec l’Afrique que son absence de professionnalisme qui agace l’Elysée, et depuis des mois.

Les médias se sont passionnés pour la lutte finale entre un Kouchner taxé de cosmopolite par Pierre Péan et un Péan accusé d’antisémitisme par les amis du ministre. En voila un de grand débat qui passionne nos élites médiatiques. Et voila aussi le terrain idéal de confrontation pour Bernard Kouchner qui transforme une affaire d’Etat -un ministre des Affaires étrangères instrumentalisé par un chef d’Etat étranger- en une énième polémique idéologique, comme les aime le petit landernau parisien. Les nombreux amis que Kouchner et Ockrent comptent dans la presse ont relayé ces (d)ébats totalement vains.

Car à l’évidence, Kouchner n’est pas un affreux cosmopolite, juste un atlantiste bon teint, et Péan n’est pas un antisémite qui s’ignore, juste un souverainiste convaincu.

Dans un pays démocratique normal, l’affaire Kouchner aurait du provoquer la démission du ministre des Affaires étrangères. Reprenons le fil de cette triste mascarade. Le patron de la politique extérieure française et ses amis reçoivent 2,4 million d’euros du pape de la Françafrique, Omar Bongo. Les factures sont payées, seulement après que le courageux secrétaire d’Etat Bockel, en charge de l’Afrique, a été viré de son poste, à la demande du même Bongo. Ensuite on s’aperçoit que les fameux rapports, censés avoir été écrits en 2004, se résument à deux notes quinze pages, écrites sans doute, en une petite semaine, par un stagiaire consciencieux… Enfin Bakchich révèle que Bernard Kouchner, une fois ministre, continue, avec les moyens du Quai à mandater ses amis médecins pour effectuer une vraie fausse mission sur la santé au Kurdistan irakien, pour un montant de 300000 euros.

Tout cela vaudrait tout de même un entrefilet chez nos confrères et amis de la grande presse.

Lire ou relire dans Bakchich :


Bakchich publie deux maigres "rapports" sur la santé au Gabon, signés Kouchner. 15 pages datant de 2004. De simples « synthèses », proteste le ministre. Qu’on nous montre les vrais rapports !

817 000 euros, c’est la somme qu’a réglé en 2008 le Gabon à une boîte de conseil pour laquelle a bossé Bernard Kouchner. La diplomatie française fait encore recette.

En mars 2008, sitôt qu’Omar Bongo eut réglé 817 000 euros à une société pour laquelle a travaillé Bernard Kouchner, il obtenait la tête du secrétaire d’Etat à la Coopération qui le critiquait.

« Bakchich » a révélé qu’Omar Bongo a versé 817 000 euros à une société pour laquelle a bossé le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et l’ex ambassadeur de France à Monaco. Sans que cela ne surprenne (…)