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Noël Mamère, avocat en sursis
La dernière mode chez les hommes politiques en perte de vitesse pourrait prendre du plomb dans l’aile. Depuis quelques années, une petit lubie habite, en effet, les élus ou anciens gouvernants en mal d’expression. Enfiler la robe d’avocat. Jean-François Copé, Dominique de Villepin ou plus récemment Noël Mamère, avides de beaux phrasés, se sont lancés.
Avec l’aval du barreau de Paris qui les a gentiment inscrits. Las, la tunique d’homme de droit, et c’est fort logique, ne peut s’enfiler comme la première robe accrochée en rayon. Deux-trois textes de lois régissent le métier. Et notamment les exceptions qui font qu’on peut se passer du diplôme en bonne et due forme d’avocat.
En l’occurrence, les articles 97 et 98 du décret du 27 novembre 1991. Cela date un peu mais n’en est pas pour autant poussiéreux. Et ces deux précieux articles établissent la longue liste des « dispensés du diplôme ». Grosso modo les individus pouvant justifier d’une quelconque expérience juridique professionnelle. Qui anciens magistrats, anciens avoués auprès des cours d’appel, notaires, mandataires judiciaires…
Le tout pour ces braves qui veulent entrer dans l’Ordre consiste à ce que leur dossier soit accepté par le conseil de l’ordre du barreau auquel ils veulent se voir inscrits…
Pas une affaire simple tant les avocats étrangers, tunisiens notamment, ont du mal à se voir accepter au barreau de Paris.
En l’espèce, ni Dominique de Villepin, ni Jean-François Copé, ni Noël Mamère n’ont eu trop à souffrir pour que leur dossier soit reçu. Inscrits au barreau le plus naturellement du monde et sans créer le moindre remous. Jusqu’au jeudi 19 février dernier.
Dans la plus grande confidentialité ce jour-là, s’est tenue à la première chambre de la cour d’appel de Paris, une sympathique audience. Un recours déposé contre la décision de l’ordre des avocats de Paris contre l’inscription au barreau de Noël Mamère, en mai 2008 et déposé par un syndicat d’avocats.
Mamère au barreau : « une décision d’opportunité »
L’inscription de Mamère, selon les informations glanées par Bakchich, n’a, il est vrai, pas suivi le parcours habituel.
Après l’acceptation de sa dérogation par le conseil de l’ordre des avocats, le cas du « dérogataire » doit être soumis au parquet par lettre avec accusé de réception. À charge pour le ministère public de faire appel de la dérogation ou pas. Dans le cas de l’élu girondin, ce protocole n’a pas été respecté. Et malheureusement le leader vert n’a pas touché à une quelconque matière juridique depuis son passage à l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux.
« Ce qui va sans dire, mais qui va mieux en le disant, la décision d’inscrire Noël Mamère au barreau ne repose sur aucune base légale, c’est une décision d’opportunité », a tancé le ministère public, lors de l’audience du 19 février. Pas vraiment encourageant pour la suite de la carrière de l’ancien journaliste Mamère, qui a notamment défendu Olivier Besancenot contre Taser.
Joint par téléphone, ni le bâtonnier de Paris, Me Charrière, ni Me Depondt, qui défendait la décision de l’ordre dans une « procédure purement administrative », n’ont souhaité vraiment réagir à l’affaire. Qui pourrait faire boule de neige. Quid, en effet, des procès dans lesquels Mamère a plaidé si son inscription venait à être invalidé. Comme le procès Taser/Besancenot ?
Décision et suite des réjouissances le 12 mars.
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