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Kouchner, meilleur vendeur que le Quai d'Orsay

En ces temps de crise économique, louées soit les fourmis, qui amassent en prévision de temps plus rudes, quand les cigales tombent. Béni soit dès lors Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et des factures étrangères, qui a su se mettre à l’abri des vicissitudes de la vie.

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Bernard Kouchner rame
© Khalid

Dézingué politiquement, inexistant au parti socialiste autant que rayonnant dans les sondages, le French Doctor a connu sa traversée du désert, jusqu’à sa nomination au Quai d’Orsay (ou Quai d’or frais) en 2007. Mais ne s’est pas lamenté et a su se retourner. Un rebond qu’il convient de saluer.

Gabon : le Quai d’Orsay avait bûché avant Kouchner

France Inter, par la plume et la voix de Benoît Collombat n’y manque pas aujourd’hui. Et décrit avec forces détails l’ensemble des contrats pour lesquels a été rémunéré le consultant Bernard Kouchner, passé de l’humanitaire au charity’Business avec le temps, avec des pays à la réputation aussi affriolante que leurs gouvernants sont corrompus. Gabon, Congo-Brazzaville après la Birmanie, le Niger ou le Kurdistan. À qui des rapports sur le travail forcé, la prévention de la grippe aviaire, du sida, ou d’avisés conseils sur la tenue d’états généraux de la santé, ou la création d’une assurance maladie.

Plus qu’avisés, précieux et coûteux. Avec ces rapports, l’ancien de Médecins sans frontières ou de médecins du Monde a gagné un nouveau surnom en Afrique, « Coute-cher ». Pour pas grand-chose. Les rapports gabonais sur la Santé, datés de 2004 facturés 2,6 millions d’euros et posés sur la place publique par Bakchich, ne représentent à ce jour que 15 pages. Quand l’avocat du ministre en promet plus de 100…marqués du sceau secret défense au Gabon. Et que, comme le dévoile France Inter, le ministère des Affaires Etrangères avait en 2002, réalisé un volumineux rapport de 160 pages sur le même sujet. Soit deux ans avant les liminaires remarques du docteur Bernard… Sans doute le rapport n’avait-il pas été aussi bien vendu à Omar Bongo.

Quant à l’état sanitaire des contrées gabonaises, congolaises, nigériennes, ou kurde… Sûr que les millions qu’ont coûté prose et vers du sieur Bernard n’ont pas été investis dans les hôpitaux. Fin 2008 encore, devant l’état de délabrement des structures publiques de son pays, le président Omar Bongo a dû se faire évacuer vers une clinique privée de Libreville, après un violent malaise.

L’enquête de France Inter

A lire ou relire sur Bakchich.info :


Après le Gabon, le Kurdistan irakien. En juin, le ministre a refourgué aux autorités de ce pays un vague contrat d’expertise médical. Avec 275466 euros à la clé et ses copains à la caisse.

Bakchich publie deux maigres "rapports" sur la santé au Gabon, signés Kouchner. 15 pages datant de 2004. De simples « synthèses », proteste le ministre. Qu’on nous montre les vrais rapports !

817 000 euros, c’est la somme qu’a réglé en 2008 le Gabon à une boîte de conseil pour laquelle a bossé Bernard Kouchner. La diplomatie française fait encore recette.

En mars 2008, sitôt qu’Omar Bongo eut réglé 817 000 euros à une société pour laquelle a travaillé Bernard Kouchner, il obtenait la tête du secrétaire d’Etat à la Coopération qui le critiquait.

« Bakchich » a révélé qu’Omar Bongo a versé 817 000 euros à une société pour laquelle a bossé le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et l’ex ambassadeur de France à Monaco. Sans que cela ne surprenne (…)

En dehors de toute légalité constitutionnelle, le French Doctor est toujours patron de sa boîte de conseils, BK consultants. Qui a travaillé pour des pays envers lesquels le ministre est peu (…)