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La crise en Quizz (1)

Il y a quelques mois encore, Jean-Marc Sylvestre, tous les jours sur France Inter, nous expliquait qu’il fallait faire confiance aux marchés. Il nous répétait que la mondialisation avait du bon, que l’Etat était épuisé, que la protection sociale limitait l’initiative individuelle. Le chroniqueur nous invitait quasiment tous les matins à regarder le modèle américain, à suivre l’exemple de l’Irlande, à copier nos amis d’outre Manche. Dans la matinale de France Inter, il distillait cinq minutes de pensée unique. La ritournelle était toujours la même : vive le marché, à bas l’Etat, mort aux fonctionnaires. Une pensée pas très originale traduite à la hache de « The Economist ».

On attendait donc qu’il continue sur son créneau, qui lui valait la reconnaissance du milieu patronal, qu’il nous dise à la Baverez que c’est l’Etat qui est à l’origine de la crise.

Et bien pas du tout. Voilà notre Jean-Marc qui retourne sa veste. Le voilà alter mondialiste, qui se met à taper sur les banques, les agences de notation. Mais sans une seule fois nous rappeler qu’il a soutenu tous les hommes qu’il traite plus bas que terre dans ce très bon livre. Sylvestre a changé de camp, sans avoir le courage de faire son mea culpa. Dommage.

Avec Olivier Pastré (son confrère de France Culture), Sylvestre éreinte tous les défenseurs du libéralisme. La pauvre Gordon Brown en prend pour son grade, « chantre du libéralisme et donneur de leçon universel ». Et il s’en prend à la presse, en oubliant que pendant 10 ans, presque tous les matins sur France Inter, il distillait la doxa libérale. Aujourd’hui, il ferait presque passer Le Plan B pour un journal consensuel.

Mais ici, comme dans les religions, les nouveaux convertis sont les plus violents, ils cherchent à faire oublier leur turpitude passée.

Ces engagements passés n’empêchent pas ce livre d’être agréable et facile à lire. C’est « un bon livre » dirait Marianne, « Un ouvrage sérieux qui ne se prend pas au sérieux » confirme Le Monde.

La plupart des questions qui suivent ont été empruntées à cet ouvrage.

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Tout commence évidement bien avant la crise. Car pour qu’il y ait une crise il faut que l’économie ait connu une phase de croissance. Pour nos auteurs, la croissance arrive avec la mondialisation. C’est ce phénomène qui explique les vingt dernières années de prospérité. Le monde va mieux depuis la chute du mur de Berlin. Le marché a vaincu le communisme. Porté par la doxa libérale, il peut transformer le monde.

Vingt années de croissance glorieuse

[qcm]
Q1) Pendant les vingt dernières années quel était le taux de croissance de l’économie mondiale ?
P1 Supérieur à 3 %
P2 Entre 3 et 4 %
P3 Entre 4 et 5 %
P4 Supérieur à 5 %
R4

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[qcm]
Q2) Les entreprises profitent de cette croissance, mais aussi de la dérégulation des marchés boursiers qui a commencé aux EU avec Reagan, en Grande-Bretagne avec Thatcher et en France avec Mitterrand. Les valeurs des entreprises en ont profité. La capitalisation boursière de la place de Paris représentait 27 % du BIP en 1987. Combien représente-t-elle au moment où le livre a été imprimé ?
P1 50 % du PNB
P2 75 % du PNB
P3 100 % du PNB
P4 200 % du PNB
R3

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Q3) Profitant de cette croissance et d’un rapport de force qui leur était favorable, les actionnaires se sont montrés de plus en plus exigeants. Ils ont exigé un ROE (Retour sur leurs Investissements) de 15 % pendant cette période. Quelle était la norme dans les années 1980 ?
P1 12 %
P2 10 %
P3 8 %
R3

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[qcm]
Q4) Evidemment, tout le monde n’a pas été invité au banquet. Quelle est la classe qui a le moins profité de cette croissance ?
P1 Les ouvriers
P2 L’ensemble des salariés
P4 Les consommateurs
R2

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[qcm]
Q5) Pour comprendre la décision d’Alan Greenspan, il faut intégrer que le dernier traumatisme majeur des Etas-Unis est la crise de 1929. L’objectif est toujours le même : éviter de nouveau ce type de crise. En Europe, l’inconscient collectif est différent. Quel événement majeur guide aujourd’hui la politique de la Banque Centrale Européenne (BCE) ?
P1 L’Europe est marquée par la fin de l’étalon or. Pendant la Première guerre mondiale, tous les pays européens ont abandonné cette référence qui assurait à l’Europe sa suprématie sur le monde. Depuis elle n’a de cesse que de vouloir revenir à cet âge d’or.
P2 Ce n’est pas la mémoire européenne mais la mémoire de la plus puissante des nations européennes qui sert de référence à la BCE. C’est en l’occurrence l’hyper inflation des années 1930 en Allemagne qui guide Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, chaque fois qu’il prend une décision.
R2

[qcm]
Trois acteurs vont profiter de ce crédit bon marché. Certains Etats vont reporter leurs réformes, ce qui est le cas de la France et des Etas-Unis. Mais ces crédits vont essentiellement profiter à deux marchés : celui du LBO (« Leverage Buy-Out ») et celui de l’immobilier.

Q6) « Les plus grosses fortunes personnelles réalisées au cours de ces vingt dernières années l’ont été grâce à des LBO ». Qu’est-ce qu’un LBO (ou « Leveraged Buy Out ») ?
P1 C’est un moyen d’acheter (Buy Out) et de revendre une entreprise sur le court terme en empochant une confortable plus value. Le Leverage ou levier est financé par un emprunt à taux faible. Cet emprunt est payé par les résultats de l’entreprise achetée.
P2 C’est un moyen de vendre une entreprise (Buy Out), en faisant profiter à l’acheteur des crédits « subprimes ».
R1

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[qcm]
Q7) Quelle est l’étymologie du mot « subprime » ?
P1 La clientèle « prime » correspondait aux ménages aisés, ceux dont la capacité de remboursement était élevée. Les « subprimes » rassemblaient les crédits des catégories de clientèle moins favorisées.
P2 Les banquiers utilisent une gradation dans les risques. Elle commence par le risque maximum et se termine par le risque minimum… Les « primes » sont les crédits les plus dangereux, ceux dont on est sûr qu’ils ne seront jamais remboursés. Ce sont les crédits à risque maximum, ceux qui demandent la « prime » maximum. Les « subprimes » regroupent les crédits un peu moins risqués.
R1

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[qcm]
Q8) Ces « subprimes » sont gagés sur les valeurs des maisons. Mais quelle est la spécificité de ces crédits ?
P1 Pendant les deux premières années, les emprunteurs payent des intérêts très faibles et ne remboursent pas le capital. Ce n’est qu’après que les nouveaux propriétaires s’acquittent du taux normal et commencent à rembourser le capital.
P2 Les intérêts de ces crédits sont déductibles des impôts.
P3 Les intérêts sont en effet déductibles de la base imposable, et pour les petits revenus (ceux qui ne payent pas d’impôts) ils sont pris en charge par le gouvernement.
R1

[texte]
Sur ce marché pendant quelques années, tout se passe bien. La bulle immobilière permet toutes les extravagances. Les pauvres qui ont acheté une maison avec ces fameux « subprimes » au bout de quelques mois vendent leur bien avec une jolie plus value. Ils se sont alors enrichis. Cette plus value leur permet d’acheter un autre bien, un peu plus important, en s’endettant un peu plus. Jusqu’au retournement du marché de l’immobilier.

Le booster

[qcm]
Q9) Pour que la crise prenne cette ampleur, il manque encore un booster au système. C’est la titrisation. Qu’est-ce que la titrisation ?
P1 C’est la transformation d’un actif en produits financiers commercialisables. Cela permet aux banques de sortir de leur bilan des actifs, de le vendre sur les marchés.
P2 C’est le fait de regrouper, dans un même produit financier, des crédits de différentes solvabilités. Cela permet de réduire le risque des produits financiers qui regroupent des produits financiers à risque donc très rentables avec des actifs moins risqués donc moins rentables.
R1

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[qcm]
Q10) La martingale est géniale. Les banques ne prennent plus de risque elles les confient à d’autres. On a donc titrisé beaucoup d’actifs. Parmi la liste suivante un actif n’a jamais été titrisé à notre connaissance ?
P1 Les droits d’auteur de David Bowie
P2 Les droits d’auteur des Beattles
P3 Les droits de péages à venir des autoroutes
P4 Les droits d’auteur de Shakespeare
R4

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Question de rattrapage

Q 10) Qui a pu écrire, dans un entretien dans VSD, en 2005 : « Le libéralisme n’est pas une construction intellectuelle comme le marxisme : le monde a été créé ainsi. […] C’est le meilleur système. La guerre économique fait moins de victimes que les guerres militaires ou religieuses. Le libéralisme est inscrit dans la nature humaine, parfois violente et injuste. »

P1 Jean-Marc Sylvestre (l’un des auteurs de ce pamphlet)
P2 « Gordon Brown, le chantre du libéralisme et donneur de leçon universel »
P3 Daniel Bouton, l’ex patron de la Société Générale
P4 Laurent Fabius
R1

A la semaine prochaine, pour la suite de ce quizz.

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