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Augmenter les impôts !

C’est la dernière folie à la mode : dans le monde entier, on ne parle plus que d’augmenter les impôts !! Il faut dire qu’au nom de la relance, les États du monde entier vont connaître en 2009 un déficit budgétaire cumulé de 5 000 milliards de dollars, soit plus de 8% du PIB mondial. De mémoire d’agent du FMI, on n’avait encore jamais vu cela.

Conséquence, comme l’après-crise s’annonce poussif, il faudra pour rétablir la situation soit réduire les dépenses, soit revenir sur ce qui fut l’alpha et l’oméga de toutes les déclarations politiques depuis trente ans, à savoir la baisse des impôts.

Tout avait commencé en Californie. En 1978, clamant «  trop d’impôt tue l’impôt », de jeunes professeurs d’économie rescapés de la déroute nixonienne avaient lancé les premiers mouvements anti-impôts et obtenu une baisse significative des taxes foncières. Puis, ce fut une véritable déchaînement anti-fiscal. L’impôt décourage les talents, punit les entreprenants, fait fuir les dynamiques. En se réduisant, il se régénère grâce à la croissance. Reagan fut élu sur ce genre de discours : il allait augmenter les dépenses, réduire les recettes et obtenir en fin de compte l’équilibre budgétaire. Magie de la croissance suscitée par la combinaison de demande publique et d’enthousiasme entrepreneurial libéré par les baisses d’impôts. Catastrophe du bon sens, en réduisant les recettes et en augmentant les dépenses, il a fait exploser le déficit et rendu son successeur, obligé de redresser la barre, quasi-inéligible.

Tout finit en Californie : face à un déficit de 42 milliards de dollars, le gouverneur, le célèbre Terminator républicain, a fait voter une baisse des dépenses de 16 milliards ainsi qu’une hausse des impôts de 14 milliards. Et d’expliquer qu’il n’est pas indigne que la population paie pour les services publics. En particulier, face à des propriétaires fonciers dont les terres ont été ravagées deux étés de suite par des incendies, il a expliqué que s’ils avaient payé précédemment plus d’impôts, les pompiers auraient eu plus de moyens…

Un Sarkozy "servile avec les riches et ignoble avec les pauvres"

Le pas est franchi et l’onde de choc se répand : à Washington, Obama a annoncé qu’on allait augmenter l’impôt sur le revenu des personnes qui gagnent plus de 250 000 dollars. A Londres, Gordon Brown fait de même, affichant des intentions assassines sur les revenus supérieurs à 200 000 livres sterling. Et Anthony Giddens, l’inspirateur du nouveau travaillisme, ose affirmer qu’il n’est pas absurde dans une société moderne que les riches manifestent une certaine solidarité envers les pauvres en payant des impôts…

Tous ces gens ont des travers de gauche. Heureusement à Paris, on n’en est pas là. Sarkozy va baisser la TVA des restaurateurs - et vlan 3,5 milliards d’euros de déficits supplémentaires - et supprimer la taxe professionnelle - et de nouveau vlan, je t’en remets pour 18 milliards d’euros, même si dans ses déclarations du 5 février, ayant mal lu ses fiches, il a annoncé, péremptoire, que cela coûtera 8 milliards. Et quand le député UMP Pierre Méhaignerie affirme sans rire « qu’il n’a pas été élu pour augmenter les impôts ».

À Bercy où on garde un souvenir ému de la taxe « couche culotte » ou des envolées pro-monuments historiques de Mme Albanel réclamant un impôt sur les chambres d’hôtel, on fait le dos rond en partant d’un constat qui semble clair : la politique fiscale va évoluer selon deux principes forts : un principe californien, qui va conduire à augmenter les impôts et un principe sarkozien qui est de refuser l’augmentation des impôts des riches !!

Heureux lecteurs, à vos poches !!

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