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Grève générale, trois Français sur quatre inquiets pour leur pouvoir d'achat
Nicolas Sarkozy et le gouvernement affrontent ce jeudi un nouveau test social avec une journée de mobilisation, à l’appel des huit organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa). Un sondage Opinion Way réalisé pour Bakchich révèle que trois revendications préoccupent particulièrement les personnes interrogées : la baisse du pouvoir d’achat (77%), la hausse du chômage (73%) et le manque de moyens dans les hôpitaux (64%). Des préoccupations qui font désormais une certaine unanimité gauche-droite. Ainsi, 66% des sondés ayant voté pour Nicolas Sarkozy à la dernière présidentielle considèrent que le pouvoir d’achat est la revendication la plus importante exprimée durant la manifestation de ce jeudi 19 mars.
Le pouvoir d’achat que Nicolas Sarkozy avait érigé pendant sa campagne comme sa priorité - « Je serai le président du pouvoir d’achat » - est en train de se transformer en patate chaude du gouvernement. Cette frustration de l’électorat UMP est ressentie plus largement par l’ensemble des Français.
Par ailleurs, 73% des sondés s’inquiètent de la hausse du chômage. Une préoccupation partagée par l’ensemble des catégories socio-professionnelles et toutes tendances politiques confondues. D’ailleurs, 62% des électeurs de Nicolas Sarkozy s’inquiètent des mauvais chiffres de chômage au moment où les plans de licenciement se multiplient. L’Unedic prévoit d’ailleurs, cette année, 375 000 à 450 000 chômeurs de plus. Dans ce contexte, les personnes interrogées tiennent particulièrement à leurs services publics, et dénoncent à hauteur de 64%, le manque de moyens dans les hôpitaux (voir ou revoir le reportage de Bakchich au CHU de Montpellier). Bizarrement, le mécontentement dans les collèges, lycées comme dans les universités n’arrive qu’en quatrième revendication prioritaire.
Fillon perçu plus à l’écoute des préoccupations des Français que Sarko
Du fait de son omniprésence, Sarkozy subit de plein fouet les critiques des électeurs… au profit de son Premier ministre. C’est François Fillon qui, au sein du gouvernement, est perçu le plus à l’écoute des préoccupations quotidiennes (26% des sondés contre 22% à Sarkozy).
En revanche, le nouveau ministre des Affaires sociales, Brice Hortefeux, qui sera ce jeudi l’invité du JT de France 2, a du mal à exister. Seuls 5% des sondés lui reconnaissent quelques qualités d’écoute. Pire que tout pour l’exécutif : cette proportion tombe à 1% dans l’électorat UMP. Une douche froide pour le meilleur ami du Président qui cherche à redresser l’image répressive de son fidèle. Une bonne note pour la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui se place juste derrière Sarkozy (20% des sondés).
Une manifestation soutenue par 63% des sondés
Confrontés à cette somme de mécontentements et à une augmentation des plans de licenciements, l’Élysée et Matignon n’ont pourtant pas prévu d’organiser de nouveau sommet social, comme ils l’avaient fait après la mobilisation du 29 janvier. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy n’a pas prévu de s’exprimer en direct de Bruxelles où il participera au Conseil européen. François Fillon, lui, assurera le service après-vente sur TF1. Mais selon le chef du gouvernement, il n’y a plus rien à distribuer. « Toute enveloppe supplémentaire, c’est de la dette supplémentaire », a-t-il lâché, avant même la mobilisation de ce jeudi. L’exécutif aurait-il sous-estimé la grogne sociale ?
Selon ce même sondage, 63% des personnes interrogées (toutes catégories socio-professionnelles confondues) trouvent légitimes la manifestation de ce jeudi. Ce sentiment n’est pas réservé qu’aux catégories populaires… Une majorité de cols blancs (62%) approuve l’appel à la mobilisation. Un résultat qui vient confirmer un sondage BVA pour les Échos, rendu public mardi 17 mars : trois français sur quatre, soit 74% des sondés, approuvent le mouvement de grève prévu ce jeudi.
Petit réconfort pour Sarko : seuls 27% des sondés qui ont voté pour lui à la présidentielle trouve la grève légitime. D’après ce sondage, le noyau dur de ses soutiens ne se serait pas effrité depuis son élection.
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