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Grève générale : « Jusqu'à quand va pouvoir tenir Sarko le ventilo? »
77% des sondés sont inquiets pour leur pouvoir d’achat, 26% des Français font confiance au Premier ministre François Fillon, 22% au président Nicolas Sarkozy et une poignée d’irréductibles (5%) au ministre du Travail, Brice Hortefeux.
Comme il l’avait annoncé vendredi 13 mars dans la Drôme, François Fillon ne mettra pas en place de deuxième plan de relance, et ne débloquera aucune enveloppe supplémentaire. Tout au plus le gouvernement travaille-t-il à des mesures sur la formation en alternance des d’jeunes qui seront annoncées dans les prochaines heures.
Quand Sarko parle les français défilent
Ni augmentation du Smic, ni prime supplémentaire, comme le demandent syndicats et partis de gauche. La nouvelle journée de mobilisation du 19 mars, la plus importante depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée (1,2 million selon la police, 3 millions selon les organisateurs), n’a pas modifié la stratégie du Premier ministre. « J’écoute les manifestants, les inquiétudes très légitimes » mais « la mobilisation ne résoudra pas la crise », a-t-il claironné devant la blondissime mais tenace Laurence Ferrari.
« Le gouvernement a le devoir d’être responsable. Nous avons doublé les déficits publics cette année, nous ne pouvons aller au delà. » La gravité de la situation a toutefois convaincu le Premier ministre de ne pas accompagner Nicolas Sarkozy au Sommet européen de Bruxelles consacré à la relance économique. François Fillon a donc préféré s’exprimer sur le plateau du 20 heures de TF1 et ne pas laisser le seul ministre des Affaires sociales, Brice Hortefeux, tirer les enseignements des manifestations et les marrons du feu, comme prévu initialement.
Même s’il ne l’a pas évoqué, le gouvernement sait désormais au vu des prévisions de l’Insee que la crise est beaucoup plus sérieuse que prévu. Malgré ces fort mauvaises nouvelles, M. Fillon a affirmé que le gouvernement avait déjà pris les mesures nécessaires pour répondre à une crise économique dont il a souligné le caractère mondial : plan de relance en direction des entreprises et de l’emploi et mesures sociales à destination des plus modestes, notamment les salariés touchés par le chômage. Le chef du gouvernement a expliqué qu’il fallait « attendre » les « effets » de ces mesures. « J’agis pour défendre les Français et les protéger », a-t-il déclamé d’un ton sobre à l’égard des syndicats. Il a réservé ses flèches pour le PS et pour « la partie du patronat qui n’a pas l’air de comprendre la gravité de la situation et le sentiment d’injustice » des Français.
Il a prévenu les entreprises qu’il veillerait à ce que les restructurations soient « justifiées sur le plan économique ». Aux patrons indélicats, qui licencient tout en s’attribuant des super bonus ou des « salaires astronomiques », il a rappelé qu’il avait donné au Medef jusqu’au 31 mars pour faire des propositions. « Sinon, nous légiférerons », a-t-il prévenu. Une vieille habitude de la maison : un fait divers, une loi.
Le bouclier fiscal plus que jamais d’actualité
Si le Premier ministre s’affirme « sans tabou », il n’a pas l’intention de remettre en cause le bouclier fiscal ni les incitations aux heures supplémentaires, deux engagements de campagne du candidat Nicolas Sarkozy mis en oeuvre en 2007.
Malgré la polémique qui se développe à l’Assemblée nationale, y compris dans les rangs de l’UMP sous la houlette de Pierre Méhaignerie, il a expliqué que la France détenait « le niveau d’impôts le plus élevé dans le monde » et plaidé : « L’Allemagne, notre grand concurrent a un bouclier fiscal à 50 %. L’Espagne socialiste a supprimé l’impôt sur les grandes fortunes. Nous avons le devoir de rester avec des règles qui ne soient pas confiscatoires… La sortie de la crise, a-t-il encore plaidé, ne passe pas par la fuite des capitaux et pas par l’augmentation des impôts. Nous avons le devoir de rester avec des règles qui ne soient pas confiscatoires. »
Pour M. Fillon qui veut croire aux prévisions optimistes de Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque centrale européenne (BCE), sur une reprise d’activité dès 2010, le dispositif des heures supplémentaires doit aussi être maintenu car il "sera un instrument efficace de la reprise". « Si nous ne l’avons pas, nous redémarrerons moins vite que les autres, a-t-il plaidé. L’entreprise qui vient de licencier, de se restructurer, ne réembauche pas immédiatement avant d’être sûre d’avoir les carnets de commandes. » Seule « annonce » du Premier ministre : la mise en place d’un « comité de suivi des mesures ».
Mettre le système à plat
A l’inverse des internautes, à Bruxelles, Nicolas Sarkozy n’a fait aucune déclaration. A lire vos réactions, « les laquais de la terre » et autres « crevards de la fin » (ANONYME) sont plus nombreux que ceux qui ne sentent pas concernés, à l’image de WALKDINTZ : « Si l’on évacue la dramaturgie syndicale, le voyeurisme médiatique, le compassionnel associatif, le romanesque politique, le droit-de-l’hommisme du con moyen, pardon du téléspectateur moyen, le folklore Franco-Français et que le fait d’avoir un avis différent tous ensemble est le truc absolu dans une démocratie, R.A.S rien à signaler. »
A lire DIBA, la crise serait autant mondiale qu’existentielle : « les réclamations sur le pouvoir d’achat mais c’était hier, aujourd’hui il s’agit d’une crise dont la puissance va apporter des larmes, l’état PROVIDENCE va pas durer face a la pression économique en chute libre partout. »
Et MATHIAS de conclure : « Je veux mettre en évidence un point qui me semble essentiel, au vu des résultats du sondage : quelles revendications paraissent les plus importantes ? Le POUVOIR D’ACHAT, devant l’ÉDUCATION des prochains, devant la SANTÉ ! Mais putain ! Quand avons-nous renoncé à être des hommes pour devenir des consommateurs ? Mais putain, combien d’entre nous pensent être déchargés du rôle que tout un chacun doit avoir dans le pouvoir social en sortant des urnes ! »
Et si c’était vrai ? Et si OpinionWay ne s’était pas trompé ? Qui a dit : pour une fois…







