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Le Bakchat accueille Jacques Picard, opposant à Serge Dassault

L’opposant à Dassault en exclusivité sur le Bakchat

Jacques Picard, ex conseiller municipal Vert d’opposition à Corbeil-Essonnes (Essonnes) de juin 1995 à janvier 2009, vient de démissionner « avec pertes et fracas, en distribuant un journal, En Vert, en Ville, Ensemble, Corbeil-Essonnes, à 15 000 exemplaires ».

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Un nouvel invité pour le Bakchat

Un départ du conseil municipal, le 1er janvier 2009, parce que, dit-il, « il nous paraissait essentiel qu’un geste éthique soit posé, après l’échec du tribunal administratif et en attendant le Conseil d’Etat, dénonçant le trucage des élections municipales ».

A de nombreuses reprises, Jacques Picard a interpellé le maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault, sur la distribution de son argent personnel afin de convaincre un maximum d’électeurs de voter pour lui.

Contre ce système de « clientélisme », l’élu municipal a soutenu Bruno Piriou, ex candidat PC à la mairie de Corbeil, qui, dans sa requête auprès du Tribunal Administratif de Versailles, puis auprès du Conseil d’Etat, demandait l’annulation des élections municipales de 2008.

Inlassablement, l’ex conseiller Vert se bat pour faire connaître toute la vérité sur les méthodes en cours à Corbeil-Essonnes. Il a par exemple témoigné, dès mars 2004, auprès du SRPJ de Versailles, pour dénoncer les étranges manières de la Société de protection et de sécurité privée (SPSP), à Corbeil-Essonnes.

Comme l’expliquait Le Canard Enchaîné dans son édition du 18 mars 2009, de « jeunes trentenaires » ont porté plainte (plainte déposée au parquet le 19 février dernier) pour « travail dissimulé » contre la SPSP, « une entreprise dont le patron est un proche de Dassault ».

Amis internautes, nous comptons sur votre curiosité et votre attachement à la démocratie pour poser toutes vos questions à Jacques Picard, sur les méthodes employées par Serge Dassault à Corbeil et sur les grosses magouilles présumées de la société SPSP.

La lettre de Jacques Picard annonçant sa démission aux Corbeil-Essonnois

Madame, Monsieur,

Après mûre réflexion et en accord avec l’ensemble des militants et sympathisants Verts de ma ville, j’ai pris la décision de présenter à M. 
le Préfet ma démission du conseil municipal au 1er janvier 2009. Pourquoi ?

Une campagne électorale qui sort des règles républicaines. C’est au constat de faits graves qui ont émaillé la campagne des élections municipales à Corbeil-Essonnes, qu’un recours avait été déposé devant le tribunal administratif. Celui-ci n’a pas retenu les faits, lourds, que nous avions rassemblés dans le cadre de la liste d’union du 2ème tour.
On ne commente pas une décision de justice. Nous invitons donc simplement
nos concitoyens à exercer leur regard critique en constatant les écarts d’ap-
plication du droit entre juridictions administratives : entre les raisons qui ont
fait annuler l’élection du Maire de Montgeron ou de Colmar et celles qui n’ont
pas été prises en compte dans notre recours.

Qu’on rappelle simplement que la justice administrative a balayé l’un des
actes de la campagne électorale par lequel S. Dassault a ostensiblement ma-
nifesté son impudence et son mépris des règles ; un acte sur lequel il a d’ail-
leurs été condamné en janvier 2008 par la même cour administrative de Ver-
sailles : en novembre et décembre 2007, en pleine campagne électorale donc,
S. Dassault supprime d’autorité la tribune de l’opposition dans le bulletin mu-
nicipal. Pendant ce temps, en décembre 2008, il fait publier dans Vivre à Corbeil, 10 pages de valorisation de son action sous le titre :

« Corbeil-Essonnes a changé, et ça se voit »… c’est-à-dire le titre de son af-
fiche électorale collée en ville à cette même période. Chacun appréciera à sa
juste mesure la décision de la justice administrative… qu’on ne commente
donc pas.

Il y a la justice administrative donc [1], mais il y a aussi mon intime conviction.
Celle-ci m’amène à considérer comme impossible de siéger avec Serge Das-
sault et son équipe. Les pratiques clientélistes avérées, les menaces, la distri-
bution, tout au long du mandat d’argent personnel du Maire (qu’il reconnaît
lui-même en conseil municipal) faussent le jeu démocratique. Comme répu-
blicain, je ne veux pas cautionner ce système.

Il faut que les Corbeil-Essonnois sachent que S. Dassault attaque en diffa-
mation toute personne affirmant publiquement qu’il distribue de sa fortune
personnelle. Mais cet homme-là l’a affirmé devant les caméras de télévision ;
cet homme là, contrairement a ce qu’il avait dit, a bien touché ses indemnités
de Maire, dont il a indiqué en conseil municipal qu’il les redistribuait aux Cor-
beil-Essonnois. Oui not’ bon maître, merci not’ bon maître. Qui ne voit là une
conception détestable de la politique et de l’action publique ? Qui peut croire
qu’il n’y a là que générosité bien placée… et pas création d’obligés ?

Le Conseil municipal : un ersatz de délibération

Je veux enfin dénoncer par ce geste la parodie, le corsetage du débat et le mépris du Maire que chacun peut constater en venant assister au conseil. La dernière pitrerie de Serge Dassault amenant une pendule de stade pour chronométrer le temps en conseil le montre à l’envie. Et, parmi tous les moments où le droit et la délibération ont été foulés aux pieds, il en est de graves.

• Qu’on se souvienne du 26 juin 2006 quand S. Dassault, obligé par la chambre régionale des comptes (CRC) de remettre son budget sur le métier, refuse de donner aux conseillers le rapport de cette chambre. Il sera là aussi sanctionné, après coup comme toujours, par le contrôle de légalité. La CRC mettra la nuit même ce rapport en ligne sur son site.

• Qu’on se souvienne des 20 minutes chrono consacrées au premier projet de
fusion des hôpitaux d’Evry et Corbeil-Essonnes.

• Qu’on se souvienne du budget 2005 pour lequel 5 minutes furent accordées à chaque conseiller pour débattre de 106 millions d’euros… quand la plupart des villes y passent la soirée.

Serge Dassault méprise la délibération et la considère comme une perte de temps.
J’ai une autre conception de la délibération dans une démocratie apaisée, après 13 années de présence au conseil municipal.
Une décision longuement mûrie et un collectif citoyen :
Ce n’est pas à la légère que j’ai pris cette décision. Au 1er janvier 2009, les Verts ne seront plus présents au conseil municipal. Face à l’impunité, il ne reste que ce geste éthique.

Mais je reste, nous restons, absolument mobilisés pour résister et construire pour Corbeil-Essonnes une alternative fondée sur l’Intégrité, la Solidarité, la Démocratie et l’Ecologie. C’est pourquoi nous créons dès aujourd’hui le Collectif Citoyen de Corbeil-Essonnes (CCCE) : il exercera une mission de vigilance sur la démocratie et l’intégrité de l’action publique à Corbeil-Essonnes. Le CCCE commentera régulièrement les affaires locales et les décisions du conseil municipal.
Quant aux Verts dont je suis un militant, ils continueront à tracer le chemin de la nécessaire modification des politiques publiques devant l’abîme de la crise écologique qui s’ouvre sous nos pieds. Une crise, n’en déplaise à l’UMP locale et à son chef, sourds et aveugles depuis 13 ans, dont les Verts, éclaireurs, ne cessent depuis 30 ans de souligner l’ampleur et l’urgence d’y remédier.

Je reste engagé dans l’action publique sous d’autres formes à Corbeil-Essonnes, soyez en sûr.

Bien à vous,

Jacques Picard,
Conseiller municipal d’opposition de 1995 à 2009

Lire ou relire sur Bakchich.info :


Serge Dassault est accusé d’avoir acheté des voix pour gagner les municipales, en 2008. Un jeune raconte, au micro de Bakchich, comment il a distribué des enveloppes pour Dassault.

Accusé d’avoir distribué de l’argent pendant les municipales à Corbeil, Serge Dassault a déposé plainte. Mais le parquet d’Evry a ouvert une enquête !

Le 6 octobre, le Tribunal Administratif de Versailles a validé l’élection de Serge Dassault à la mairie de Corbeil-Essonnes, tout en décrivant une campagne électorale particulièrement brutale.

Un sénateur UMP de l’Essonne, qui vend des avions et de la presse, et dont le nom est Serge Dassault. Un homme connu, par conséquent, jusques au royaume de Belgique, pour sa vive brillance (qui fait comme un fanal dans la nuit des idées).

Vient (…)