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Ménage et comm' de printemps au PS

« On a dit oui tout de suite », confie un membre de la direction quand Europe1 a proposé à Martine Aubry de répondre à Nicolas Sarkozy, 24h après l’interview du Président à la radio. Car la stratégie du Parti socialiste est bien de s’installer comme l’opposant crédible au Président. Un rôle généralement dévolu à la gauche quand la droite est au pouvoir… Sauf que ces dernières années, et a fortiori ces derniers mois, empêtré dans ses querelles d’égo, le parti socialiste avait fini par laisser la gauche de la gauche et Olivier Besancenot faire le boulot. Avec ce constat lâché par un cadre dirigeant : « le PS s’est regardé le nombril pendant trop d’années ! »

« Tout le monde parle dans tous les sens », soupire un proche de la Première secrétaire. « La moindre de nos réunions est commentée. Certains se sont transformés en correspondants de presse sans se demander l’effet que ça pouvait produire sur le débat collectif. » Depuis trois mois, la nouvelle direction sous la houlette de Martine Aubry a donc décidé de rationaliser - et rationner !- la parole des socialistes… au risque d’être taxée d’autoritaire. Faux procès, répliquent ses proches : « Au PS, quand Martine Aubry dit ça suffit, on parle d’autoritarisme, quand c’est Nicolas Sarkozy qui le fait à droite, personne dit rien ».

Le PS a donc décidé de faire son ménage de printemps en nommant une directrice de la communication qui aura pour mission d’organiser le service de presse, de gérer le site Internet et de coordonner la parole des socialistes dans les médias… Un nom est sorti du chapeau : Marie-Emmanuelle Assidon, ex-collaboratrice d’Henri Emmanuelli. L’intéressée n’ayant pas encore signé son contrat de travail, la rue de Solferino refuse de confirmer l’information. « C’est comme une recette de cuisine », sourit un aubryste, « on ne dévoile pas les secrets de fabrication ! » Un peu penaud le PS, d’avoir besoin d’une pro pour faire passer son message ? « On ne va pas tomber dans la communication spectacle », botte en touche un cadre du parti interrogé.

Plus on est de fous, plus on rit

Parallèlement, le PS va chercher à renforcer sa visibilité en se déployant plus efficacement qu’aujourd’hui. Plus on est de fous, plus on rit, c’est bien connu, la direction cherche donc à installer les petits nouveaux, dans le paysage médiatique. Et pour éviter qu’ils se fassent manger tout cru sur les plateaux de télé ou qu’ils en disent un peu trop, les nouveaux secrétaires nationaux vont avoir le droit à quelques séances de média training. « On a renouvelé les membres de la direction, c’était une demande des militants et des Français », explique un membre de la direction. Qui dit renouvellement dit moins d’expérience et moins de notoriété dans les médias. Mais que les plus expérimentés se rassurent, ils auront bien le droit à quelques séances de rattrapage… y compris pour remplir le Zénith !

Chaque semaine, la rue de Solferino organise aussi des petits déjeuners thématiques - la formation professionnelle, la recherche et l’éducation… Manière pour les jeunots de rencontrer la presse et vice-versa. Avec en sus, un petit débrief. Mais, précise-t-on rue de Solferino, la reconstruction des outils du PS, quels qu’ils soient, prendra plusieurs mois. Voire un an. « Même si personne ne veut le croire, Martine Aubry a un seul objectif, reconstruire le parti pour 2012 ». Et hisser le PS comme l’opposant le plus crédible à Nicolas Sarkozy… cette fois-ci dans les urnes.

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