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Les enseignants-chercheurs se foutent du « Monde »

Après en avoir longuement débattu en interne, Le Monde, qui devait publier aujourd’hui un article sur le divorce entre « le grand-quotidien-de-référence » et le mouvement des enseignants chercheurs, a fait machine arrière. Histoire, sans doute, de ne pas donner une tribune à ceux qui l’attaquent. En marge de leur mobilisation contre les réformes Pécresse, le mouvement des enseignants chercheurs mène en effet un autre combat. Celui contre la désinformation menée, selon eux, par Le Monde au sujet de la réforme de l’université.

Depuis quelques semaines, les listes de discussion des opposants à Pécresse bruissaient de propositions de mesures de rétorsion contre le journal. Finalement écartée, une occupation du journal avait même été envisagée jeudi soir, en fin de manifestation. Par crainte que cette action ne desserve leur mouvement, certains – ces listes diffuseraient à environ 7000 personnes – ont décidé de s’en tenir à une action moins spectaculaire mais potentiellement redoutable. « Ce n’est pas les bâtiments du journal Le Monde qu’il faut viser, ce sont ses sources de revenus… une vaste campagne dirigée contre lui sera beaucoup plus efficace », prône par exemple Jérôme Valluy, enseignant en sociologie à Paris I. Comme d’autres, ils propose de s’en tenir à ce qu’ils ont solennellement nommé « Charte de bonne de conduite vis-à-vis du journal Le Monde ».

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Les enseignants chercheurs tapent sur Le Monde
© Baroug

La « Charte de bonne de conduite vis-à-vis du journal Le Monde »

Un texte qui décrit avec minutie les réflexes à adopter pour plomber le quotidien :

« 1) Ne jamais acheter d’exemplaire papier d’une production provenant du quotidien Le Monde ;

2) Se désabonner de tout service payant, papier ou numérique, du quotidien ;

3) En cas de passage sur le site web ne jamais cliquer sur les liens commerciaux ;

4) Se désabonner de sa lettre de diffusion gratuite pour réduire l’argument commercial du nombre d’abonnés à cette lettre ;

5) Eviter de visiter le site web, afin de faire chuter les statistiques de visites dont dépend en partie la valeur des encarts publicitaires sur le site. »

Une vraie déclaration de guerre.

Au centre du ressentiment de la communauté universitaire, la couverture jugée caricaturale de leur mobilisation, une présentation tronquée des enjeux de la réforme, et, pour être clair, une ligne proche, très proche, de celle du gouvernement. Les articles de Catherine Rollot, en charge de ces questions au Monde, et qui ne semble en effet pas toujours bien comprendre les motivations des enseignants-chercheurs, sont ainsi disséqués sur la Toile avec ironie.

Le Monde s’agace

Le Monde, qui a eu connaissance de cette Charte, avait commencé à amorcer un dialogue avec certaines figures de proue du mouvement. Et devait donc faire paraître un article qui relatait le désamour dont il est l’objet dans la communauté universitaire. Finalement, l’agacement suscité par ce texte en interne a pris le dessus et les détracteurs du journal ne devraient pas s’exprimer dans les colonnes du quotidien du soir. Contacté hier, le directeur adjoint du journal, Laurent Greilsamer, s’est dit « surpris par cette mise en cause véhémente, ce harcèlement par internet ». Sur le fond, il affirme ne pas être ébranlé par ces attaques et défend un traitement équilibré du mouvement des enseignants-chercheurs. « Nous n’avons pas l’habitude de donner des coups de règle sur les doigts de nos journalistes », prévient-il. « Evidemment qu’il y a eu des débats et qu’on peut commettre des erreurs, mais il y a quelque chose de comique à nous présenter comme le pire ennemi des libertés », affirme-t-il. Avant de poursuivre, acerbe : « En tout cas, ce sont des gens qui ont visiblement beaucoup de temps … », persifle-t-il. La réconciliation, c’est sûr, n’est pas pour demain.

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Avant son discours, jeudi, sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs, retour sur une rentrée dense pour une ministre née chiraquienne, épanouie en Sarkozie.

Le 22 janvier, devant un parterre d’hommes politiques, de présidents d’universités et de chefs d’entreprise, M. Nicolas Sarkozy s’est longuement exprimé sur le thème de la recherche en France. La vidéo de son discours est disponible en ligne.

Entre (…)

Lettre ouverte d’enseignants chercheurs de l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense à leur ministre, Madame Pécresse.
Dans la nuit de jeudi à vendredi des profs et des étudiants occupaient la Sorbonne pour manifester leur mécontentement face aux réformes menées par Valérie Pécresse. Accompagnés de CRS.

Voyage dans les « bas fonds » de la fac, pendant que Madame Pécresse négocie le statut des enseignants chercheurs. Rencontre avec un pseudo-lumpenproletariat.

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