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Guerre de religion au "Monde" : l'immaculée concession
Internés et internautes, Kaiser Benoit (XVI) lit Bakchich. Il a tenu à vous répondre et au professeur Rothé de son siège papal, place Saint Pierre de Rome, en ces mots ce lundi de pâques : « Il est fondamental pour notre foi et pour notre témoignage chrétien de proclamer la résurrection de Jésus de Nazareth comme un événement réel, historique, attesté par de nombreux témoins qui font autorité ». La belle affaire ! L’onction divine pour votre salut, théologiens de la toile.
Situation de Christ
Revenons à l’objet de la querelle : Sartre le journaliste et Salamito l’historien, ont-ils droit et raison de douter de la véracité des origines du christianisme proposée par Mordillat et Prieur à travers leurs documentaires fleuves consacrés à la mystique christique. Aux uns de dire qu’ « aucun des arguments de M. Salamito ne sont sérieusement évoqués, alors que son livre en déborde pour montrer le caractère non scientifique du travail de Mordillat et Prieur » et aux autres de leur répondre non moins courtoisement « Cher monsieur, je ne conteste pas tous les arguments de M Salamito, j’en conteste trois : Seul l’universitaire (le savant) sait. Je suis très sérieux, je donne mes sources, sauf quand ça m’arrange. Maurice Sartre est un prof d’université, et je le cache Je pense que les autres sont des idéologues (moi je ne le suis pas) ». Et au dernier de jeter le bébé avec l’eau du bain : « Il me semble très dommage que Bakchich se contente ici de prendre la défense quasi pavlovienne des athés-qui-ont-forcément-raison contre les "curés"-universitaires manipulateurs. » Amen.
Originalité des origines
La querelle de forme, qui a opposé les internautes, entre défenseur de la rigueur universitaire et « profane » (d’Arte tout de même) de la vulgarisation télévisuelle éclaire t’elle sur le fond les divergences d’analyse sur la personne de Jésus ?
A cette noble interrogation, Charp suppute que « Mordillat et Prieur apparaissent ici comme des "ennemis" de la version traditionnelle de l’Eglise, la grande faiblesse de leur argumentation tient à ce que qu’ils opposent Jésus à l’Eglise. Encore un cas d’historien qui devant l’origine du christianisme et de l’existence du Christ perd toute la rigueur dont il peut faire preuve ailleurs. »
Du haut de sa chaire, Florentin Piffard rétorque que « sur le fond, il est parfaitement faux de prétendre que l’universitaire ne fait que reprocher aux Bouvard et Pécuchet du christianisme leur qualité d’historiens amateurs. Qu’il s’agirait en somme de clouer le bec aux deux compères sur la base d’un simple argument d’autorité. L’article du Monde souligne au contraire la diversité des critiques de Salamito : des contre sens, un montage malhonnête, etc. On pourrait ajouter une incapacité totale à mettre en relief les enjeux actuels des questions qui les occupent ( à propos de la Gnose ou le marcionisme par exemple). »
Télé-réformés contre universitaires réfractaires ?
La joute « historiciste » grimpe l’échelle de l’esprit lorsque nos chers érudits s’expliquent. Pour preuve, Charp d’affirmer que « Le sujet m’intéresse depuis longtemps :la thèse de la rupture m’est apparue comme évidente par la lecture de l’excellent livre de Joseph Mélèze-Modrzejewski "les Juifs d’Egypte", où il situe, avec beaucoup de nuances, la rupture entre judéo-christianisme et christianisme avec l’écrasement de la révolte juive d’Alexandrie en 115-117. »
Mais dès que l’on aborde cette question, ils manquent généralement de la rigueur critique vis-à-vis des textes, et en particulier les 3 premiers livres du Nouveau testament, qu’ils prennent pour des "témoignages" crédibles, alors qu’ils ont été mis par écrit plus de deux siècles après les événements dont ils sont censé témoigner. »
Sans quoi un internaute de répondre « Passer l’Agrégation (80 places à l’heure actuelle), conduire une thèse, être élu en Sorbonne, ce n’est guère facile. Et la récompense est maigre. Bayrou ou Lang publient des livres d’histoire (ridicules) plus facilement que vous. Le président de la République vous méprise. Si en plus on ne vous reconnaît pas un droit particulier sur votre spécialité, à quoi bon toutes ces études ? »
Mon Dieu, le Monde va décidément de Pie en Pie.
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