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A Gwada, c'est toujours marche ou grève

Depuis la fin de la grève générale, en mars dernier, une quarantaine d’entreprises sont arrêtées. Parmi lesquelles des entreprises de la grande distribution, pourtant « culturellement » plus proches du Medef que du collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon (« Unis Contre la Surexploitation », LKP). Ainsi, Carrefour, Cora, Super U., et autres propriétés de Békés, bananeraies et sucrières.

Mais aussi les pompiers de l’aéroport de Pointe-à-Pitre, qui, en grève, fonctionnent en service minimum. La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), gréviste, laisse toutefois un accès aux élèves qui passent les concours. La Poste vient de reprendre du service, après deux semaines d’arrêt. Des salariés du groupe Orange tiennent un piquet de grève devant le magasin, où entrent et sortent les habituels clients.

C’est bien ambiance grève à Pointe-à-Pitre et la rumeur court depuis quelque temps : la grève générale pourrait reprendre, à partir de lundi 20 avril. C’est aujourd’hui. Sainte-Anne, Sainte-Anne, ne vois-tu rien venir ?

Statu quo

Les Guadeloupéens restent méfiants vis-à-vis du gouvernement, qui n’a, à leurs yeux, pas correctement rempli son contrat.

La baisse des prix promise sur les produits de première nécessité n’est pas flagrante. Un accord sur la baisse des prix des produits avec neuf chaînes de supermarché a bien été conclu, sans être encore élargi à davantage de produits de base.

Quant à l’essence, c’est le statu quo. Depuis que le prix du carburant à la pompe a diminué, fin février, en pleine grève générale, aucune autre baisse n’est intervenue. Et le litre se vend à 1,08 euros, contre 1,47 avant la grève.

Du coup, la délégation ministérielle fraîchement partie de Guadeloupe vient de pondre un rapport qui préconise l’automatisation des stations services pour faire chuter encore les prix. Ce qui impliquerait la suppression de 1400 postes…

Des Etats généraux pas généreux

Heureusement, il y a les Etats généraux. Quelque peu boycottés.

Décrétées par Nicolas Sarkozy pendant la grève générale le 19 février, les rencontres ont débuté mercredi 15 avril.

Mister Président devait en profiter pour venir sur l’île. Mais, hasard du calendrier sans doute, le squatter de l’Elysée a dû décaler, une fois, deux fois, trois fois, son départ pour Gwada.

Aux dernières nouvelles, qui nous viennent du Nouvel Observateur (du 23 - 29 avril), la venue de Nicolas Sarkozy est repoussée au mois d’octobre.

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© Pier

Contacté par Bakchich, Elie Domota, le porte parole du collectif LKP, est visiblement peu surpris par l’attitude de Nicolas Sarkozy. Si depuis le début des grèves, le Président de la République n’a pas mis les pieds aux Antilles, c’est tout bonnement qu’il est « totalement conscient de la situation. » Et le leader du LKP de préciser : « Nicolas Sarkozy n’ignore pas que le gouvernement ne répond pas aux Guadeloupéens, qui attendent l’extension de l’accord Bino. A force d’ allégences au Medef, le gouvernement a instauré une discrimination salariale légale insupportable ».
Pour l’heure, sur 80 000 salariés concernés, seuls 50 000 sont sûrs de garder l’augmentation de 200 euros au-delà de trois ans.

Le LKP paie sa tournée

Autant de points que le LKP ne défendra pas aux Etats généraux. « Nous n’y avons pas été invités ! », s’agace Domota. « C’est le LKP qui a demandé des Etats généraux, et c’est le LKP qui en est exclu ». D’ailleurs, « le LKP n’est pas la seule organisation absente, et en off, des politiques font quelques confidences sur l’intérêt, nul, d’en être : "on y va, mais tout en sachant que ça ne sert à rien" ». Comble de l’absurdité, pour Domota, « le gouvernement a imposé un temps record, une dizaine de jours, pour réfléchir à des stratégies pour… les quinze années à venir ! »

Un brin soupçonneux, le leader guadeloupéen sent l’entourloupe. « Les décisions sensées être prises lors des Etats généraux ont en fait déjà été validées par le Secrétariat d’Etat aux Dom Tom. Preuve, un document portant sur les "stratégies de croissance économique pour l’Outre mer", disponible sur le site internet du ministère. Le financement est prêt, ne manquait plus à l’UMP que la caution populaire : les Etats généraux. »

Une critique que Domota compte bien faire entendre. Avec quelques membres du « Lyannaj », il a prévu de faire un tour de la Guadeloupe, à partir d’aujourd’hui, lundi 20 avril, et pendant une semaine au moins. Afin, nous dit-il, « d’informer les Guadeloupéens et de ne pas nous laisser endormir ».

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