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Le PS cherche une rédemption européenne
« Au moins, le PS a ses listes », plaisante David Lebon, directeur de cabinet adjoint de Martine Aubry. « On nous a fait tout un cirque pour un petit problème dans le Centre. Mais, il semble que l’UMP en ait un certain nombre… », réplique François Lamy, bras droit de la Première secrétaire. Il faut dire que l’UMP n’a toujours pas publié ses listes. De quoi réjouir gentiment le PS quand la concurrence s’annonce serrée au sein même de la gauche. Il est des petites joies…
L’objectif affiché du PS : se positionner comme « le seul vote utile face à la politique libérale de Nicolas Sarkozy et de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne », claironne David Lebon. Devant la multiplication des listes, le Parti socialiste va tenter de capter le mécontentement social croissant. « Le 7 juin, ce sera stop ou encore », commente Benoît Hamon, porte-parole du PS. « Nous disons stop au démantèlement des services publics, à l’aggravation des inégalités sociales et proposons de nouvelles perspectives avec un changement de majorité au Parlement européen ». Avant d’insister : « Pour cela, il faut que le PSE (Parti socialiste européen) arrive en tête ».
Le PS redoute un « vote défouloir »
Ce soir, les socialistes français lanceront officiellement leur campagne avec un gros meeting à Toulouse, premier d’une série de huit. Sur scène, Martine Aubry sera entourée de Poul Nyrup Rasmussen, ancien premier ministre danois et président du Parti socialiste européen (PSE) et des candidats socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes des 26 autres pays de l’Union européenne. Tous signataires du « Manifesto ». « Un cadre de travail commun », explique-t-on dans l’entourage de Martine Aubry, « qui n’empêchera pas le PS de défendre des positions plus offensives sur le salaire minimum ou les services publics ». Encore faut-il pour cela obtenir une majorité de gauche…
« La division de la gauche », réplique David Lebon, « c’est ce qui fait que le PS risque de faire un moins bon score qu’aux dernières élections et arriver après l’UMP ». Selon le député Henri Emmanuelli, « il est habituel que les listes “marginales” fassent un très bon score aux européennes car les gens manifestent leur désapprobation ». Une partie des électeurs du PS pourrait être tentée par un « vote défouloir » en faveur de la gauche de la gauche, des Verts voire du MoDem. « Le 7 juin », affirme Emmanuelli, « les électeurs ne voteront pas sur les programmes européens mais sur la situation française ».
« La chance du PS, c’est qu’il n’y ait pas eu d’union Besancenot-Mélenchon »
En bref, l’élection pourrait se transformer en un référendum anti ou pro-Sarko… « Il ne faut pas se tromper d’enjeu », ajoute Pascal Durand, coordinateur de la campagne d’Europe Ecologie. « La crise est globale, ce n’est pas qu’en France qu’il y a une augmentation du nombre de chômeurs. Les réponses nationales ont fait long feu. » Selon Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, « nous sommes les seuls à ne pas tomber dans des logiques tactiques à visée interne. Pour tous, ce sont des élections nationales intermédiaires ». Pour le PS, il s’agirait d’un premier test de la nouvelle direction avant les régionales, pour François Bayrou, d’une étape avant la présidentielle, pour le Front de Gauche, d’une façon de se faire connaître…
« À l’occasion des européennes, Jean-Luc Mélenchon voudrait fédérer autour de lui la gauche de la gauche et ce au détriment du NPA », souligne-t-on rue de Solférino. « La chance du PS, c’est qu’il n’y ait pas eu d’union Besancenot-Mélenchon », analyse un membre de la direction. « Ils vont se bagarrer entre eux pour se partager l’espace à côté du PS. » Le NPA - que l’on entend peu pour le moment sur les européennes - démarrera sa campagne le 8 mai par un déplacement d’Olivier Besancenot au Portugal. « Ce qui réjouirait Nicolas Sarkozy », analyse l’entourage de Martine Aubry, « c’est qu’il y ait un vote NPA fort et un vote PS faible ».
Entre le Parti socialiste et les autres formations de gauche, le débat est en train de se crisper. Un autre élément pourrait faire le reste : l’abstention. Selon un dernier sondage CSA pour Le Parisien, l’abstention et le nombre de bulletins blancs et nuls s’élèveraient à 49 %. Soit presque un électeur sur deux.
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