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Quand les petits partis font leur com'
Créer du buzz pour faire parler de soi et réussir à exister dans le paysage médiatique… Au moment où le PS et l’UMP se lancent – enfin ! – dans la campagne pour les élections européennes avec meetings, caravanes et autres trouvailles…, les petits partis, quelle que soit leur couleur politique, travaillent leur com’ pour faire passer le fond. À l’image du parti communiste qui vient de sortir quatre visuels sur le pouvoir d’achat, les dérives du capitalisme… « Nous avions fait une demande très précise à une agence de communication pour avoir des visuels nouveaux avec un message identique », commente Jean-Marc Bouvet responsable de la communication du PCF « comme “les capitalistes ont tout faux” en slogan au-dessus d’une Terre grignotée tel un trognon de pomme ».
De nouveaux visuels qui se déclineront sur différents supports : affiches, autocollants, stickers à gratter… Le tout avec un objectif : « toucher un public plus large et plus jeune ». « On recherche une autre approche de la politique, du militantisme », poursuit Jean-Marc Bouvet. « Ces visuels ressemblent à des pubs des années 1980. Il est drôle qu’un parti anticapitaliste utilise la communication publicitaire qui est quand même le premier acte de la société de consommation ! », décrypte Franck Tapiro, PDG de l’agence de publicité Hemisphère Droit et conseiller en charge de la communication de l’UMP pendant la présidentielle. Avec un deuxième bémol : « ça ne va pas assez loin dans la provocation et le message n’est pas très clair à l’exception de l’homme qui a une télé sur la tête. C’est le seul visuel qui ait du sens : le fait de dire que l’audience du Parti communiste est dans la rue plutôt que dans la voie consensuelle que représentent les médias ». En clair, pour exister quand on est petit, mieux vaut frapper fort, se tourner vers la rue et vers le Net pour faire du buzz…
Depuis un mois, circulent des petites vidéos de trois minutes environ réalisées officiellement par un collectif de militants pour la formation Libertas, représentée en France par de Philippe de Villiers (MPF) et Frédéric Nihous (CPNT). Officieusement, Libertas pourrait être derrière. Au final, un carton sur le web grâce à des parodies de films connus. Ainsi, « l’empire bullocrate contre-attaque » utilise-t-il des images du classique Star Wars, en modifiant les dialogues pour assimiler l’Europe à l’Empire maléfique de Dark Vador. Une autre vidéo « Oooh banque centrale européenne » reprend-elle des images du film X-Men pour dénoncer l’action de la banque centrale européenne. Un bon marketing viral et un bon coup de com’. « Ils ont trouvé là un moyen décalé de parler de politique, beaucoup plus accessible que tous les grands discours », commente avec enthousiasme Franck Tapiro. « Et ce genre de film est beaucoup plus facile à forwarder qu’un petit film politique ».
200 000 tracts, 300 coups de fils et 7 visites
Selon Jérôme Rivière, directeur de campagne du MPF, « pour faire changer quelqu’un de vote, et obtenir une voix, il faut 200 000 tracts, 300 coups de fils et 7 visites à ses voisins ». Une réflexion que la campagne de Barack Obama a confortée. « On a compris que les réseaux sociaux », poursuit Jérôme Rivière « seraient plus efficaces qu’une campagne du 20e siècle avec des tracts sur les marchés qui finissent sous les pieds ! ». Facebook, Twitter, Wikipédia… Autant de moyens qui permettent « d’exister quand on n’arrive pas à avoir le JT de TF1 », résume Jean-Paul Oury, responsable de la communication au sein d’Alternative Libérale, petite formation politique créée il y a trois ans sur les cendres de Démocratie Libérale d’Alain Madelin.
Sauf que selon Dominique Wolton, spécialiste de communication politique, les petits vont finir par se faire manger… Encore une fois ! « Les grosses formations politiques investissent à leur tour Internet, ce qui conduira la petits partis à devoir faire encore plus d’efforts d’imagination et de créativité ». En un mot, Internet ne serait bientôt plus la panacée… « Et puis ce n’est pas parce que l’on multiplie les outils pour diffuser un message politique, que le récepteur de ce message va les entendre. » Avant de conclure : « Prenez les petites vidéos de Libertas : ce n’est pas parce qu’il voit des images caustiques que l’Internaute va être d’accord avec le message ». En un mot, la facilité des nouveaux outils ne favorise pas forcément la diffusion du message… Celui au bout de la ligne peut toujours décider de raccrocher.
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