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Partenaire public en faillite cherche partenaire privé

Le 29 avril, quelques journalistes ont fait une découverte : Christian Blanc existe, ils l’ont rencontré… ! C’était en effet le jour où le secrétaire d’État à la région capitale jouait les faire valoir de Nicolas Sarkozy sur le thème du Paris du futur.

Pour l’heure, le sujet est celui de l’urbanisme, l’idée centrale étant d’améliorer les transports en commun en Ile-de-France. Si quelques grincheux ultra-libéraux de la majorité se demandent pourquoi on garde la RATP, faisant de Paris et de Marseille les deux dernières villes où les transports sont publics, l’annonce forte de Sarkozy a porté sur l’extension du réseau : 130 kilomètres supplémentaires prévus, pour un coût de 35 milliards d’euros. L’opération prendra 10 ans mais compte-tenu de l’état des finances publiques, même 3,5 milliards d’euros à mobiliser chaque année paraît difficile. D’où l’idée que cela se fera par le partenariat public-privé (PPP). Idée magique qui est supposée faire payer le privé tout en laissant au public la conduite de l’opération.

Pour bien montrer que les entités publiques restent maître du jeu, Sarkozy a déclaré qu’on allait créer une structure associant le Syndicat des transports de l’Ile-de-France, la RATP, l’État, les collectivités locales. Ce grand libéral de Sarkozy est en train d’en rajouter dans la multiplication des structures publiques. En début d’année, il nous a inventé des « Commissaires à la réindustrialisation » très « planification démocratique » (c’est son côté « Guy Môquet ») maintenant, il nous a fait un « Gossplan » du transport parisien. Sauf que grâce au PPP, c’est le privé qui doit payer …

« Les avantages des PPP sont multiples : l’accélération, par le préfinancement, de la réalisation des projets ; une innovation qui bénéficie à la collectivité par le dynamisme et la créativité du privé ; une approche en coût global ; une garantie de performance dans le temps ; une répartition du risque optimale entre secteur public et privé, chacun supportant les risques qu’il maîtrise le mieux ».

Sarkozy en rêve, Thatcher l’a fait !

Cela, c’est la langue de bois de Bercy sur les PPP. La réalité est bien plus simple : le secteur privé avance l’argent et se rembourse selon deux modalités : il gère et encaisse les produits de gestion, il reçoit des subventions. Au strict sens économique, on privatise le financement, c’est-à-dire qu’on masque de la dette publique. C’est en effet un des aspects magiques de l’opération : comme l’État n’a rien à débourser d’emblée, il n’a pas à faire apparaître de dépenses, ce qui aurait conduit à une accroissement de la dette publique. La vraie astuce dans le PPP est de demander au privé de porter les financements à la place d’un État qui donne des signes de faiblesse. Mais, ce service, le privé le facture. L’agent privé qui se substitue au fonctionnaire est mieux payé, les financements que mobilise l’entreprise se font à des taux d’intérêt supérieurs à ceux sur la dette publique, l’entreprise doit dégager des bénéfices : tout cela a un coût qui in fine retombera sur l’État. Les Anglais, qui furent les grands défenseurs du PPP en reviennent. « La garantie de performance dans le temps », selon la belle expression de Bercy, repose sur le principe que le privé est plus efficace que le public. Or, à l’expérience, cela n’est guère évident.

À court terme, le PPP parisien aura néanmoins un résultat positif : permettre à Sarkozy d’annoncer 35 milliards d’euros de dépenses quand son premier ministre est à la tête d’un État en faillite : bravo l’artiste… !

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