Vous êtes ici

OCDE ô désespoir

Installée à Paris, l’institution sait appliquer les principes fondamentaux de l’hospitalité et évite de trop critiquer le gouvernement en place. Les réformes sont en cours, « les bilans des banques et des ménages ne sont pas aussi dégradés qu’ailleurs », la France a des potentialités, une démographie dynamique, une inventivité certaine, des autorités animées du désir de bien faire.

Au boulot !

Évidemment, à l’OCDE (Organisation et Coopération de Développement Économiques), on ne peut quand même pas en rester là et se priver du plaisir de la critique. La première est dans la ligne de ce que déclare Sarkozy : on ne travaille pas assez en France. Comme l’écrit l’organisation, « alors que le taux d’emploi global de la France était comparable à celui des États-Unis et s’accompagnait d’un PIB par tête similaire dans les années 1970, un écart de niveau de vie est apparu par la suite, alimenté par une dégradation significative du taux d’emploi en France ». En clair, il n’y a pas assez de gens qui travaillent. Les chômeurs pensent la même chose et seraient disposés à remonter le dit taux d’emploi. Seulement, voilà, pour l’instant, on n’en prend guère le chemin.

Le hic de la dépense publique

Critique plus désagréable pour le gouvernement, l’OCDE réclame plus de sérieux dans la gestion des finances publiques. Le déficit se creuse et le gouvernement annonce des chiffres que d’aucuns considèrent comme fantaisistes : pour 2009 et 2010, les prévisions affichées sont d’un déficit de 5,6% et 5,2% du PIB. Pour l’OCDE, cela n’est pas crédible et on devrait atteindre 8,3% en 2010.

La relance a certes ses nécessités mais on va trop loin et une reprise en main s’impose. D’autant que ce déficit correspond à un alourdissement tendanciel du poids de la dépense publique dans le PIB. En 2000, trois pays de l’OCDE avaient un poids des dépenses publiques supérieur à celui de la France (la Suède, le Danemark et l’Autriche). En 2007, à l’aube de la crise, la France était devenue le pays où les dépenses publiques rapportées au PIB sont les plus importantes.

« Faisons des économies pour faire de l’économie »

Pourtant, la France fait des efforts : la RGPP, la révision générale des politiques publiques, est bien en place et on va voir ce que l’on va voir. Pour l’instant, on a vu 9 milliards d’économie potentielle face à un déficit de l’État de 100 milliards ! Contribuables, il va falloir mettre la main à la poche !

Certes, l’OCDE recommande de n’en rien faire et de chercher à baisser les dépenses. Elle s’interroge sur les dépenses d’éducation en croissance permanente tandis que tous les sociologues se sont mis à reprendre l’antienne de la baisse du niveau scolaire. Elle se demande pourquoi il faut encore tant de fonctionnaires d’État quand on n’arrête pas de parler de décentralisation. « Faisons des économies pour faire de l’économie » est donc le mot d’ordre général.

Au passage, l’OCDE rappelle que les années de récession se traduisent en France par une augmentation du poids des dépenses plus significative que dans les autres pays et qu’une fois la croissance revenue, la correction ne se fait. Pour preuve, ce qui s’est passé en 1993-1994, années de recul économique et d’explosion des dépenses. Comment s’appelait donc le ministre du budget de l’époque ? D’après les livres d’histoire, c’était un certain Nicolas Sarkozy

À lire ou relire sur Bakchich :

La guerre du déficit est déclarée. Autour des caisses vides de l’Etat, gauche et droite se renvoient la responsabilité de la rigueur à venir. Le gouvernement veut faire porter le chapeau aux collectivités locales, majoritairement à gauche. Une (…)

Le paquet fiscal du président Sarkozy n’est que l’ultime touche à une oeuvre commune des gouvernements de droite et de gauche. Baisser les impôts des plus riches. Une entreprise de 10 ans.
Jean-Claude Trichet, le directeur de la Banque centrale européenne, vient d’augmenter son taux de refinancement. Rejetter l’inflation, attitude de la BCE en matière d’économie, ne semble pas la juste solution, pas plus que se servir de l’inflation, ce (…)

La finance est-elle une langue morte ? Certains le souhaitent, mais ce n’est pas pour autant une langue ennuyeuse