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Nouveau Centre, nouveaux rebelles...

« L’union dans le troupeau oblige le lion à se coucher avec la faim ». Comprendre : si les faibles s’unissent, ils peuvent battre le plus fort… En janvier dernier, François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée nationale, avait invité Jean-François Copé, son homologue du groupe UMP, à méditer ce proverbe africain. Manière pour lui de se rappeler au bon souvenir de « JFC » qu’il a régulièrement accusé de « mauvaises manières » envers le groupe NC. Il faut dire qu’avec ses 317 membres, le groupe UMP de l’Assemblée nationale dispose de la majorité absolue et n’a donc pas besoin des 23 voix du Nouveau Centre. Officiellement pourtant, les deux formations politiques font parties de la même majorité présidentielle et sont donc amenées à travailler ensemble.

Conscient de ce rapport de force déséquilibré, Sauvadet ironisait en janvier dernier, lors de ses vœux à la presse : « Avec l’UMP, c’est un partenariat en construction quotidienne ». Quatre mois plus tard, le partenariat est toujours aussi compliqué et les frictions devenues monnaie courante entre les deux présidents de groupe. « La situation n’est plus tenable. Il y a eu un raidissement depuis la fin de l’année dernière », confie un proche de François Sauvadet, « et nous ne sommes plus écoutés ».

La « peine » de Copé

Dernier sujet de dispute : le projet de réforme du règlement de l’Assemblée nationale discuté depuis plusieurs semaines et soumis au vote des députés, ce mercredi. Selon François Sauvadet, la parole des présidents de groupe ne doit pas être limitée dans le temps. « Jean-François Copé prendrait une grande responsabilité s’il ne cherchait pas un compromis sur le règlement de l’Assemblée nationale », précisait Sauvadet hier à l’Assemblée. Avant d’ajouter : « Si l’on nous opposait une fin de non-recevoir, nous voterions contre le texte ». Vlan, fermez le ban ! En clair, les élus du Nouveau Centre ne sont pas prêts de jouer les godillots pour les beaux yeux de Jean-François Copé… « On ne peut pas aller chercher les élus du Nouveau centre uniquement pour qu’ils votent avec l’UMP. Ce n’est pas une pratique tenable », ajoute, amer, un élu centriste.

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Jean-François Copé est un peu décalé
© Baroug

« Qu’est-ce que vous voulez que je dise ? J’ai de la peine », répondait hier Jean-François Copé aux journalistes qui l’interrogeaient sur ces tensions croissantes au sein de la majorité présidentielle. L’intéressé a réassuré qu’il n’avait pas l’intention de céder à la demande des élus du Nouveau Centre, pourtant proche de celle du Président de l’Assemblée, Bernard Accoyer. Tout juste « JFC » a-t-il accepté de limiter à deux heures, au lieu d’une, le temps de parole des présidents.

« Parce que ! »

Au passage, Copé s’est plu à décocher quelques flèches qui ne devraient pas apaiser les tensions ! « Nous avons augmenté par trois les moyens accordés aux groupes minoritaires, il [François Sauvadet] l’a oublié. Et nous avons abaissé à 15 le nombre minimal de députés nécessaire à la constitution d’un groupe politique dans l’hémicycle ». Avant d’ajouter : « ça lui a permis de sécuriser son groupe parce que certains élus du Nouveau Centre m’avait fait des promesses formelles de rejoindre l’UMP ». Douce ambiance au sein de la majorité…

Dans ce contexte, la demande récurrente de François Sauvadet d’obtenir la présidence d’une commission pour son groupe devrait rester vaine, alors même que les socialistes en ont une prestigieuse, les finances. Alors pourquoi ce refus de leur en accorder une ? « Parce que ! », a répondu laconiquement le chef des 317 députés, comme pris de court. Conscient du peu politiquement correct de sa réponse, le président du groupe UMP a tenté de rattraper le coup : « Dieu sait si j’ai toujours été attentif à toutes les demandes de mon ami François Sauvadet, mais il y a un moment où malheureusement, on ne peut pas accéder à toutes les demandes ». Sauvadet pourra se consoler : son « ami Jean-François Copé » est d’accord d’attribuer au Nouveau Centre des vice-présidences de commissions et même de rapports parlementaires ! Gâté, le Nouveau Centre ! « Mais pour cela », a pris soin de conclure « JFC », « il faut qu’il me donne des candidats, que les députés du Nouveau Centre soient présents en séance et même en commission ».

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