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Bernard Tapie, dernier joker de Rachida Dati

Décidément, Rachida Dati a du mal avec cette campagne pour les européennes. Malgré la multiplication des déplacements sur le terrain, la numéro 2 de la liste UMP en Ile-de-France semblait continuer, hier, au dernier meeting de campagne à Paris, à buter sur la question européenne. Débitant du par cœur, prise de fous rires comme elle en avait eu devant les jeunes UMP, Rachida Dati a quelque peu décontenancé les militants UMP. Surtout à trois jours des européennes.

Mais la garde des Sceaux ne cache pas en privé qu’elle n’a toujours aucune envie de siéger au Parlement européen, à Strasbourg et Bruxelles. Après avoir fait des pieds et des mains pour convaincre Nicolas Sarkozy de ne pas l’y envoyer - « Ça va me poser un gros problème de garde avec Zohra », avait-elle avancé fin janvier - Rachida Dati cherche désormais une porte de sortie. Dorée, la porte !

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Non, non, Rachida Dati ne veut pas siéger au Parlement européen !
© Pakman

L’ami Nanard à la rescousse

Il y a quinze jours, l’intéressée appelait l’ex-hommes d’affaires, Bernard Tapie. Nanard se déplaçait lui-même au ministère de la Justice, place Vendôme. Et Rachida Dati lui demandait de l’aide pour échapper au Parlement européen. « Je n’ai aucune envie d’y siéger », lui a-t-elle confié au cours de ce rendez-vous.

Bernard Tapie lui a proposé d’intégrer le cabinet Lantourne, installé à Paris, qui a traité ses affaires judiciaires et lui a permis de retrouver dernièrement quelques gros millions d’euros. Pour Dati, l’offre est plus qu’alléchante. D’autant qu’elle a demandé un salaire entre 20 000 et 30 000 euros ! De quoi payer les frais de garde de Zohra…

Désaveu de l’Élysée

Rachida Dati, numéro 2 sur la liste UMP d’Ile-de-France, n’aura pas brillé pendant cette campagne pour les européennes. Un mauvais choix du Président ? La rupture est consommée et l’agacement à son comble entre la ministre de la Justice et Nicolas Sarkozy. Hier, le président de la République n’a pas hésité, via son conseiller Justice, Patrick Ouart, à désavouer publiquement sa garde des Sceaux. Et cela, en pleine réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

L’ordre du jour du CSM était la mutation, réclamée par Dati, du procureur général d’Auvergne, Marc Robert, au poste d’avocat général à la Cour de cassation. Dernier procureur nommé par la gauche, Marc Robert avait eu le tort, il y a quelques mois, d’exprimer ses réserves sur la réforme de la carte judiciaire et sur la suppression du juge d’instruction. Soutenu par ses pairs, il a toujours fait savoir qu’il voulait rester procureur, quitte à ne pas rester à la tête de la cour d’appel de Riom.

À l’ouverture de la séance, sans en avoir informé personne, Rachida Dati a demandé un changement de l’ordre du jour. La ministre de la Justice avait fini par entendre les protestations de ce magistrat qui refusait ce placard doré. Trop tard, a estimé l’Élysée. Patrick Ouart, conseiller justice du Palais, a contacté la présidence de la République pour l’informer de ce changement d’ordre du jour de dernière minute. Nicolas Sarkozy, président en titre du CSM, a aussitôt demandé le maintien du programme du jour. Un nouveau désaveu de sa garde des Sceaux et une première dans l’histoire du CSM. 

À ce titre, au moins, Rachida Dati laissera son nom dans l’histoire de la magistrature.

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