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Reporters et l'attentat de Karachi
Cher Nicolas Beau, Cher Xavier Monnier,
Créateur et coscénariste de la série Reporters (nous nous sommes d’ailleurs rencontrés il y a quelques semaines pendant notre phase de « documentation » pour la saison 3), je me permets une intrusion dans vos commentaires pour me mêler de ce qui ne me regarde pas — c’est du moins ce que vous semblez penser à la lecture de votre papier.
Certes, ce n’est qu’un détail dans votre article, qui plus est très allusif, mais comme il concerne un travail de deux ans, j’y réponds au cas où cela intéresserait quelqu’un (on ne sait jamais…).
Vous écrivez, citation : « Comme l’a fort bien relevé Arrêt sur images, l’histoire, produite et scénarisée par l’agence Capa, épouse avec délectation la nouvelle thèse sur l’attentat de Karachi contre 11 ingénieurs français de la DCN en 2002. »
Deux choses :
Un : l’agence Capa n’a pas scénarisé, mais produit la série (en encore, c’était plus exactement l’une de ses filiales, Capa Drama). Dieu merci, il y a encore des scénaristes payés pour ça ; ils se nomment dans le cas présent Alban Guitteny (auteur avec moi des arches narratives), Sorj Chalandon, Jean-Luc Estèbe, Gaëlle Macé et Martine Moriconi (je profite de l’occasion pour être exhaustif).
Deux : nous n’avons pas « épousé avec délectation la nouvelle thèse de l’attentat de Karachi », pour la simple raison qu’en 2007 (janvier-août), lorsque nous avons imaginé cette histoire, nous n’en avions strictement jamais entendu parler ! Je ne vais pas me lancer dans de grands développements ici sur la manière dont nous envisageons notre travail de scénaristes, mais en deux mots, nous ne nous sommes inspirés que superficiellement de l’attentat de Karachi, tout le reste a été inventé à partir d’un travail de documentation visant à comprendre le mieux possible les mécanismes de ce genre de situation (dessous d’attentats terroristes, gros contrats avec inévitables commissions, etc.). Pour de plus amples détails, je renvoie le lecteur intéressé à une réponse que j’ai faite à cette adresse :
Reste que — pardon d’avance de me prononcer là-dessus, je ne suis pas journaliste, moi — je maintiens que les situations décrites dans la série sont plausibles, dans leurs mécanismes — au regard notamment d’événements intervenus dans les 40 dernières années.
Reste que vous semblez insinuez que la thèse de Claude Thévenet nous aurait influencé, peut-être même qu’il y aurait eu un lien entre nous — je dois dire que là, l’insinuation se faufile entre les lignes avec un art rhétorique admirable — alors que j’ai découvert son nom dans la presse vendredi.
Reste que j’ai dit tout cela à votre collaborateur Louis Cabanes vendredi dernier au téléphone, et que je n’en trouve pas trace dans l’article ; à la place de quoi je découvre avec étonnement ces insinuations… Ah ! Mais j’y suis ! Sans doute mes propos ne rentraient-ils pas dans votre « scénario », à vous…
L’avantage avec un scénariste, c’est qu’au moins, quand il fait du storytelling, il le fait ouvertement.
Allez, bien amicalement.
Olivier Kohn
La réponse de Bakchich
Cher Olivier Kohn,
En premier lieu, nous n’avons jamais insinué un quelconque lien entre vous et Claude Thévenet. L’homme aime la série, il ne l’a pas écrite.
Ensuite, comme vous le dites, « les situations décrites dans la série sont plausibles, dans leurs mécanismes ». La preuve, vendredi, avec ce nouveau témoignage dans l’attentat de Karachi. Vous vous êtes inspirés "superficiellement" de l’attentat et, visiblement, vous avez eu bon, nous ne pouvons que vous féliciter de votre imagination qui vous a permis de pondre un scénario plus que vraisemblable.
Et c’est justement votre souci du réalisme que nous applaudissions précédemment dans une chronique sur la saison 2 de Reporters.
Bonne continuation,
La rédaction
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