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Cégété-toi, j’laisserais parler les sans-papiers

Armés de battes, les cégétistes ont investi mercredi dernier leurs propres locaux, balançant à tout va des bombes lacrymos. Objectif : déloger les sans-papiers qui occupaient la Bourse du travail depuis plus d’un an déjà. Nous abreuvant de son discours sur la méthode employée, DIBA laisse tomber : « La CGT a toujours cultivé la politique des gros bras, et de la tarte dans la gueule ». Cette période ne serait-elle donc pas révolue ? Phil2922 connaît, lui, « certaines méthodes de la CGT qui relèvent plutôt d’un stalinisme d’une autre époque ». RPG y va aussi de son analyse : « les syndicats, c’est plus la jaunisse, c’est la bleuite ».

Finalement, stigmatiser la CGT, n’est-ce-pas enfoncer une porte ouverte ? « Ils tiennent enfin un os !!! », rie à chaudes larmes Danton. « Oublié Sangatte…. Oubliés les licenciements par centaines, voire par milliers (encore 249 aujourd’hui). Discréditer la CGT, c’est, dans l’air du temps, tenter de gripper un rouage fort des luttes ». Résultat, selon lui : « ce couac de la CGT fait les choux gras des Médias (Libé en tête) et d’une UMP qui se frotte les mains en pensant à ce bon tour de con joué aux ’kommunists’ ».

Communiqués sans classe

De cette lutte de casse, entre les militants CGT et les sans-papiers emmenés par le comité CSP75, à la politique plus que floue pour de nombreux internautes, surgit une guerre des communiqués. Jules nous transmet celui de l’Union départementale 75 CGT. En bons samaritains, les cégétistes auraient ainsi mis fin à une situation insoutenable pour les sans-papiers : « C’est parce que nous ne pouvions laisser perdurer cette occupation stérile que le mouvement syndical parisien a décidé de sortir ces femmes et ces hommes de cette impasse, et ce, sans faire appel aux forces de l’ordre ».

Tout n’est pas dans un communiqué, qui se définit lui-même comme « un commentateur, syndiqué », réplique vertement : « Le communiqué de la CGT commence déjà par un grossier mensonge (…) jamais le fonctionnement des bureaux syndicaux n’a été entravé ».

Sans bourse délier, la lutte se poursuit. Depuis leur éviction des locaux de la CGT la semaine dernière, nos sans-papiers dorment et vivent sur le trottoir de la rue Charlot. Et y resteront tant qu’une solution n’aura pas été trouvée, les syndicats, collectifs et la mairie campant sur leurs positions.

Et si on occupait le Medef plutôt ?

Heureusement, les Bakchichiens ont plein d’idées à revendre pour sortir de l’impasse ! Ainsi, benoist suggère au CSP75, le comité des sans-papiers, de reloger les délogés. Et livre même les bonnes adresses : « le MEDEF, 55 avenue Bosquet dans le 7ème, ou le Ministère du Travail au 127 avenue de Grenelle, toujours dans le 7ème ». Mais « pas l’Elysée, c’est déjà occupé ». Un occupant de la rue Kleber spécule lui plutôt sur « le MEDEF, la place Vendôme, ou chez Thibault ». Ben, vi, pour dormir au chaud, il est normal d’ouvrir les cordons de la bourse et les locaux de la CGT « n’ont pas vocation à servir d’hôtel gratuit », ajoute-t-il. Ah, et puis tant qu’on y est, pourquoi n’accueillerions nous pas chez nous les délogés de la rue Charlot ? A croire que l’occupant de la rue Kleber n’est pas sorti de chez lui ces derniers mois : « après les faux culs qui pleurent à la méchante CGT, je les invite a accueillir chez eux des sans papiers et à vivre avec aussi longtemps ! » Ca, c’est déjà fait et ça s’appelle le délit de solidarité. C’est bien connu de toute façon, nous rappelle abdalak : « C’est toujours la même chose et c’est humain : les occupations de locaux, les squats … c’est toujours super et légitime quand c’est chez les autres …. »

Et cette anonyme de poser LA question, alors que les accueillants centres de rétention voient arriver chaque jour de nouveaux locataires : « J’ai du mal à comprendre pourquoi l’Etat arrête de pauvres péquins isolés qui hébergent ou aident des sans-papiers alors qu’on laisse mariner des centaines de bougres à la Bourse du Travail depuis plus d’un an sans broncher. »

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