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L'emprunt emprunté de Sarkozy

Le grand emprunt est un grand classique. VGE avait dans les années 60 proposé au général de Gaulle une opération de cette nature. Il s’était entendu dire : « vous voulez laisser votre nom dans l’histoire financière comme Pinay ? Remarquez, d’Estaing, c’est de fait un nom d’emprunt ». Humilié par la remarque qui rappelait que les bourgeois Giscard voulaient se faire passer pour gentilhommes en ayant acheté « d’Estaing », VGE en était resté là. Il n’est revenu à la charge que dix ans plus tard avec un emprunt indexé sur l’or qui a coûté aux finances publiques dix fois ce qu’il avait apporté … !!

Hélas, il n’y a plus de de Gaulle pour arrêter Sarkozy dans son intention de donner son nom à du papier côté. Ce sont même à l’Elysée ceux qui passent pour les plus fervents admirateurs du Général, comme Henri Guaino, qui militent le plus pour l’emprunt. On aura donc de la « rente Sarkozy » comme naguère de la « Pinay » ou autrefois de la « Villèle ».

Pour Bercy, cet emprunt n’a pas de sens

Les services de Bercy ont bien essayé de rappeler que l’Etat n’a pas besoin de ce genre de gadget pour emprunter ; que depuis les réformes des années 80, le « grand emprunt » n’a guère de sens ; que de ce fait l’Etat va payer plus cher cet emprunt que dans le cas des procédures usuelles. Rien n’y a fait. Eric Woerth avait cru emporter le morceau en indiquant qu’en ce moment l’Etat emprunte à 3,75% à dix ans alors qu’EDF rémunère son dernier et spectaculaire emprunt 4,5% pour une durée de 5 ans. Ce qui signifie deux choses : un, que l’Etat aurait eu intérêt à emprunter lui-même puis à procéder à une augmentation de capital d’EDF ; deux, que l’emprunt Sarkozy devra être émis à un taux au moins égal à celui d’EDF et donc que l’Etat va payer plus cher cette ressource.

Sarkozy a balayé l’argument en faisant valoir que l’emploi efficace des sommes collectées justifierait une rémunération plus élevée. Dans les couloirs de Bercy, on ironise sur cette justification reprise à l’infini par les aboyeurs de la majorité style Frédéric Lefebvre. Elle signifie en effet que jusqu’à présent, l’Etat gaspillait sans vergogne ce qu’il recevait !! 44% du PIB part en prélèvements obligatoires et, à entendre nos dirigeants eux-mêmes, c’est en pure perte, puisque seules peuvent préparer l’avenir les sommes étiquetées explicitement « Nicolas Sarkozy ».

Objectif, faire plus que Balladur en 1993

Si pour le moment, le montant n’est pas fixé, certains n’hésitent pas à parler de 100 milliards d’euros, plus d’un quart de l’épargne disponible, de quoi assécher tout le marché et priver les autres emprunteurs, notamment les entreprises, de ces ressources. Bercy essaie de calmer le jeu, militant plutôt pour une version minimale, de l’ordre de 10 milliards. Le cabinet du Premier ministre table sur 25 milliards, soit l’équivalent en montant actualisé de l’emprunt Balladur de 1993. Faire moins serait humiliant pour Sarkozy, faire plus indélicat pour son ancien gourou.

Le séminaire gouvernemental sur le sujet a tourné à la foire d’empoigne et Fillon en est sorti consterné. Tout se passe comme si la victoire toute relative de la majorité aux européennes avait libéré un sentiment d’impunité économique qui part du plus haut de l’Etat pour se répandre chez tous les décideurs. Et quand des éléments de lucidité sont avancés devant Sarkozy sur les difficultés économiques, il balance deux ou trois phrases bien senties sur les économistes qui colloquent et pérorent mais se trompent avec constance. Bref, après Sarko, le déluge ; quant aux experts, qu’ils achètent des parapluies…

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