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PS : qui s'y fraude s'y pique

La polémique enfle depuis la sortie des bonnes feuilles dans le Point.fr. Et rouvre déjà des plaies que certains espéraient refermées depuis la belle unité affichée à la Rochelle. En ligne de mire, l’élection contestée, truquée selon les auteurs de l’enquête, d’Aubry, à la tête du PS.

Ségolène Royal « choquée » à la lecture des bonnes feuilles, va réunir son équipe et consulter Robert Badinter pour envisager avec le juriste un « recompte » dans les « fédérations litigieuses » et fera une déclaration dans « quelques jours ».

Coup de bluff de la pasionaria du Poitou qui s’est engouffrée dans la brèche pour prendre sa position préférée, celle de la victime ? Martine Aubry ne « lira pas le livre », « mal informé » selon Benoît Hamon. L’accalmie au PS aura été de courte, très courte durée.

« On va faire le dos rond »

« On va faire le dos rond, ça va passer », nous confie par téléphone un membre du staff d’Aubry, bavard mais souhaitant rester anonyme. « Tout ce qu’il y a dans ce livre était plus ou moins connu de tous, c’est dommage que ça arrive au moment où le PS sort la tête de l’eau ». « Plus ou moins connu de tous », l’aveu est amer. La triche électorale fait partie du logiciel du PS ? Georges Frêche l’affirmait à des journalistes en novembre 2008 qui l’interrogeaient sur les soupçons de fraude dans sa fédération (Hérault) au moment du congrès « Attendez, c’est le PS ! ». Tout était dit. Frêche avait soutenu Royal.

Des socialistes sévèrement urnés

« On ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes ». Nous sommes le 21 novembre 2008, à Lille. Et Guillaume Blanc, 26 ans, homme de confiance de Martine Aubry à la Mairie de Lille relaie les ordres dans un coup de fil donné à une secrétaire de section sur le coup de midi. Toute la journée et jusque tard dans la nuit, les résultats de la fédération du nord seront gelés pour pouvoir être « ajustés » et assurer la victoire à Martine Aubry. Belle entame pour le livre de Rissouli et André qui commence sur la nuit des longs couteaux où Martine Aubry pris le Parti à la hussarde.

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©Oliv’

« Triche libe dich », nous confie avec un sourire amusé un responsable du MJS qui a bien connu Guillaume Blanc lorsque celui-ci était animateur fédéral du MJS Paris.

Si jeune et déjà prêt à tout ? « Il est de ces types qui sont génétiquement programmés pour tenir l’appareil. Le MJS, ça sert à ça, former des killers qui font de très belles carrières d’apparatciks », nous livre l’ancien camarade parisien de Guillaume Blanc. Le constat est amer lors de la conversation. « Tant pis pour lui, il fait son entrée sous les projecteurs de la pire des manière (…) il est marqué au fer rouge, mais en définitive il n’a que ce qu’il mérite. Si ça permet à certains de réfléchir un peu à leurs pratiques, au moins ce livre servira à quelque chose ». Joint par téléphone, le message laissé par Bakchich à Guillaume Blanc pour avoir sa réaction est resté toute la journée sans réponse.

Ambiance florentine

Si la polémique se fait sur les révélations, c’est avant tout un livre d’ambiance. Once upon a time in the Parti Socialiste… Après la défaite de la présidentielle, les gardiens du temple cherchent à panser les plaies et à éviter le pire, à savoir un second hold-up de Royal après celui de la candidature à la présidentielle. Il est hors de question pour les éternels présidentiables (Fabius, DSK…) que celle qui ne fut jamais que « sous-ministre » et les conduisit à la défaite prenne les rennes de « leur » Parti. Tous les coup seront permis pour barrer la route de la « folle ». Et ce qui devait rester un cadavre dans le placard de Solférino est révélé aujourd’hui au grand jour.

Caméra embarquée dans les coulisses du PS. Hold-Ups, Arnaques et Trahisons raconte un parti à la dérive, désuni, bourré de rancoeurs, où la tentation du coup bas est souvent beaucoup plus forte que le réflexe de solidarité entre « camarades ». L’ambiance florentine qui se dégage de cette enquête, où les lames sortent du fourreau aussi prestement que les communiqués de presse assassins traduit une réalité bien perceptible quand on fréquente les socialistes. De la simple section à Solférino, la logique de courants, de « bandes », de compétitions individuelles surdétermine les comportements.

Bilan à la fermeture du livre ? Les socialistes manquent cruellement de classe. Mais pas d’intriguant. Cette petite plongée dans les haines recuites entre socialistes ne manque pas de piquant. D’autant plus qu’elle les relance, comme si les socialistes sautaient volontairement et avec bon coeur dans le piège tendu par les journalistes.

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