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L'avocat de Sarko face à son maître

Il le dit lui même : il a la pression. Et ça se voit. Depuis le début du procès Clearstream, l’oeil noir et le pas lourd, Me Thierry Herzog, l’avocat du président, traîne sa peine dans le prétoire de la 11ème chambre correctionnelle de Paris.

L’ancien conseil des Tiberi, devenu celui de Sarko se demande bien comment il va réussir à remplir sa lourde tâche : accrocher le Galouzeau au croc de boucher.

D’abord, parce que le boxeur Herzog a jusqu’ici raté tous les crochets et uppercuts qu’il a tenté sur le punching-ball Villepin. Un jour, il croit avoir trouvé dans le dossier la preuve de la conjuration entre Galouzeau et le Général Philippe « OSS 117 » Rondot. Une note, ignorée pendant l’instruction, fait en effet état d’un rendez-vous compromettant entre les deux hommes à l’époque de la conjuration. Villepin en échec ? Raté, « Il s’agissait d’une réunion sur le cas Ingrid Bétancourt », prouve alors Rondot. Raté.

Le reste est à l’avenant. L’avocat de Sarko qui s’était privé de vacances cet été pour mieux potasser le dossier Clearstream n’a finalement rien trouvé d’intéressant dans l’enquête-gruyère des juges. Et en est rapidement réduit à se contenter de lire les procès-verbaux les plus gênants pour DDV, plutôt qu’à chercher à le piéger par de savantes trouvailles. Décevant.

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Reste les passes d’armes haineuses, en marge des débats avec Villepin, qui passe les audiences à le fusiller du regard. « Mais pourquoi me regardez-vous ainsi », ose un jour Herzog. « Parce que je vous admire Maître », ironise le meilleur ennemi de Sarko. « Moi aussi et si je ne vous voyais pas que de dos, vous verriez la profondeur de mon admiration », rétorque Herzog. Ce n’est plus un procès mais une querelle de bac à sable.

Il fait dire que les deux hommes se détestent d’autant plus aujourd’hui qu’ils ont longtemps comploté ensemble avant. C’était au temps du cabinet noir de l’Elysée, quand la Chiraquie, cernée par les affaires de la mairie de Paris, tentait d’organiser la riposte. Dans le bureau du secrétaire général Villepin, Herzog, alors chargé du dossier Tiberi et son confrère Francis Spizner, mettait au point la stratégie anti-juges.

Le passé remonte donc parfois à la surface au procès Clearstream. « Je vous ai connu moins agressif » n’a pu s’empêcher de persifler Villepin en pleine audience. « Moi aussi mais le secret d’avocat m’empêche d’en dire plus », répond Herzog. « Oh mais vous ne faisiez pas oeuvre d’avocat à l’époque ! » insiste l’ancien bras droit de Chirac. L’échange s’est malheureusement arrêté là.

Dommage : des révélations sur les méthodes du fameux cabinet noir de l’Elysée, cela aurait quand même été plus sexy que la fastidieuse chasse aux falsificateurs de listings bancaires.

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