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Vigimark montre les crocs contre la SNCF
Sur la voie ferrée des vacances, que la glorieuse entreprise publique fait emprunter à des millions de Français, la SNCF va faire un léger détour par le tribunal, ce 6 novembre. Ô trois fois rien, juste histoire de solder l’affaire des maître chiens "en situation irrégulière" qui travaillaient pour son sous-traitant d’alors Vigimark surveillance, notamment dans les gares parisiennes.
Chafouine, la société de sécurité a assigné devant le Tribunal du commerce l’entreprise du rail pour la rupture abusive du contrat qui la liait au grand barnum de Guillaume Pépy, intervenue le 13 juillet 2009. A cette date, deux jours seulement après avoir demandé à Vigimark de régulariser ses employés, la direction des achats de la SNCF décide de rompre ses 11 contrats de gardiennage.
Au motif "qu’en dépit des demandes formulées à plusieurs reprises auprès de la société, en vue de la régularisation du personnel (…), la SNCF ne peut que constater la persistance de la situation irrégulière de certains de vos salariés". Un peu chien comme comportement ?
"Tant la SNCF que la préfecture de police étaient tout à fait au courant de la situation des employés, pour lesquels Vigimark avait entamé des procédures de régularisations, en concertation et en accord avec toutes les parties, la SNCF, Sud-Rail, et la préfecture", peste le combattif Pascal Garbarini, avocat de Vigimark.
Promesses d’embauches
Et de novembre 2008 à juin 2009, les réunions entre Sud, la SNCF et Vigimark se sont multipliées, afin de régulariser la petite quarantaine de maîtres canins en situation confuse. Vigimark rédige même en mars des promesses d’embauche pour ses ouailles, sous leurs vrai identités, dès lors que leur régularisation seraient actés.
Mieux, dans un courrier du 2 avril 2009 adressée à la préfecture de Police, l’entreprise maîtresse chienne a sollicité la préfecture afin de régulariser ses salariés, assortissant la demande de "sa volonté de faire signer à chaque salarié un CDI et à temps plein". Quasi de l’immigration choisie, si chère au pays des droits de l’homme.
"A la demande de la SNCF, qui ne voulait pas d’un conflit social et parce que ces personnes bossaient bien, précise Valérie Figiel, la directrice administrative et financière de Vigimark, nous ne les avons pas licenciés et avons effectué toutes les démarches nécessaires à leur régularisation".
Besson contre les "esclavagistes"
Las ! Un grain de sable politique est venu troubler la belle et unitaire marche du syndicat, de Vigimark et de la SNCF pour donner des papiers à ceux qui n’en ont pas. L’arrivée d’un joyeux loustic au ministère de l’Immigration. Eric Besson, le converti du socialisme au sarkozysme, pestant contre "les esclavagistes" de Vigimark. Et pondant une note interne, qui précise que la régularisation de salariés de sociétés privés n’était pas vraiment la priorité. Pour les entreprises publiques en revanche, autant laisser passer.
"Une participation plus active de la SNCF auprès de la préfecture, qui avait auparavant remis des autorisations de travail ayant permis l’embauche desdits salariés, aurait sans doute permis l’embauche desdits salariés", croient, selon le texte de leur assignation, les avocats de Vigimark, "évitant par là même le litige porté devant le tribunal".
Mais trois fois hélas, la SNCF a préféré résilier le contrat. Et recaser les maîtres-chiens dans ses propres filiales, notamment Effia. Au moins 36 des 38 salariés sans papiers, comme l’a révélé L’Humanité, ont-ils été régularisés.
Ne reste plus à la SNCF qu’à régler la note. Devant le tribunal du commerce à compter de vendredi. Et le 3 décembre pour une assignation en référé. Une facture de 1,2 million d’euros de Vigimark demeure en souffrance à la compta ferroviaire.
Pas sûr que la SNCF baisse prochainement ses prix…
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