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La petite dette qui monte, qui monte

La fin octobre est marquée comme tous les ans par les émissions du Trésor américain. Cette fois-ci, le montant est digne d’intérêt : 150 milliards de dollars, en une fois presque l’équivalent des nouveaux emprunts du Trésor français sur un an.

Tous ceux qui attendent avec impatience la faillite de l’Etat américain en seront encore une fois pour leurs frais : comme elle est techniquement impossible, elle n’aura pas lieu et l’Oncle Sam ne connaîtra pas d’humiliation argentine. Même les taux d’intérêt ne se tendent pas vraiment. Après avoir été sous les taux allemands pendant un an, les taux américains sont de nouveau au-dessus de ceux de Berlin. Mais l’écart n’est guère significatif et retrouve ses niveaux d’avant la crise, c’est à dire des niveaux plus représentatifs de l’évolution attendue du taux de change euro/dollar que de doutes sur la capacité financière de l’Etat américain.

Tout le petit monde économique de Washington sait bien d’ailleurs qu’en cas de difficultés, la Réserve Fédérale viendrait sans problème souscrire les bons du Trésor américains, ne serait-ce que parce qu’elle a plus ou moins été créée pour cela.

Cette opération est finalement d’une consternante banalité et vient conforter ceux qui en France hurlent au loup autour de la dette publique. Cela fait tellement longtemps que la catastrophe est annoncée et qu’elle n’a pas lieu…

Face aux déficits, la baisse d’impôts reste tendance

Vue de l’Elysée, la tendance mondiale serait plutôt à la sérénité sur la dette publique. Aucun pays n’a connu vraiment de drame jusqu’à présent. Les agences de notation qui font de savants calculs pour noter les dettes que par anglicisme on qualifie de souveraines suscitent dans tous les forums d’économistes des sourires amusés sur l’inculture économique générale des notateurs. Et même les plus vertueux ont repris le discours de la nécessaire baisse des impôts. Berlusconi a annoncé la suppression de l’impôt local sur les entreprises, une sorte de taxe professionnelle héritée de la patente française des années lointaines où Rome était préfecture d’un département de la France napoléonienne. Tiens, tiens, tiens, il y aurait comme du déjà vu ailleurs…

Quant au nouveau gouvernement allemand, il s’est constitué autour ou malgré les différends sur la baisse des impôts. Il est donc clair que tout le monde est d’accord : la dette n’est pas un problème, elle se finance sans difficulté et la baisse des impôts est plus tendance que jamais. Que l’Allemagne ne parte pas du même niveau de déficit budgétaire et surtout qu’elle dispose du premier excédent commercial au monde qui montre qu’elle épargne frénétiquement à la différence de la France qui accumule déficits extérieur et budgétaire ne semble pas devoir être pris en compte : qui vivra verra

Neuilly peut dormir sur ses deux oreilles : le bouclier fiscal ne sera pas revu ; la CSG ne menace plus personne ; l’Agence France Trésor est aux manettes et devrait faire aussi bien que le Trésor américain : après tout, elle émet en euros, c’est à dire en monnaie allemande.

Le montant du Grand Emprunt fond comme neige au soleil

En fait, il ne reste plus sur ce front qu’un dossier à résoudre : celui du grand emprunt. L’opération aura eu son côté « maoïste » : que cent fleurs s’épanouissent et puis ensuite, que tout redevienne comme avant. La somme empruntée est maintenant fixée à 30 milliards. Il y a un mois on était à 100 ; il y a une semaine, on était à 40.

Encore un effort et c’est bon : Rocard pourra s’occuper des pingouins à temps plein