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Le Milieu de la nuit

Paris la nuit, c’est fini ? À défaut de crever d’ennui, les noctambules de la capitale craignent pour leurs soirées. Trop de bars et de boîtes de nuit qui ferment… L’angoisse de la fin du jour point. Qu’ils se réjouissent, le combat n’est pas perdu. Les cercles de jeux, lieux de franche camaraderie où la législation s’oublie, ont toujours pignon sur les rues de la Ville lumière. Wagram, Haussmann, Aviation, autant de salles chaleureuses où ronronne en continu l’accent de l’île de Beauté.

Et le petit dernier, le plus prometteur, après s’être un peu essoufflé, revient dans le jeu : le Cercle Concorde ! Fermé en 2007 après de multiples descentes et enquêtes de police – l’endroit était soupçonné de servir de blanchisseuse au milieu corso-marseillais –, ce haut lieu du pipolitique parisien est sur le point de rouvrir. En janvier 2010 et, mauvaise réputation oblige, sous un nouveau sobriquet : le Cercle Cadet.

Aujourd’hui, une petite annonce barre la devanture de la taverne, rue Cadet, dans le IXe arrondissement parisien : « Recrute croupier, nous vous prions de déposer vos CV du lundi au vendredi de 14h à 16h ». Et prière de se montrer avenant. À l’instar des anciens boss du Concorde, qui avaient tout pour attirer le chaland. Même s’ils ne se montrent guère souriants sur la photo (voir ci-dessous) prise par des officiers de l’office de répression du grand banditisme, le 12 janvier 2007, lors de leur interpellation commune, les ex-tauliers savaient ménager leur entregent.

Les patrons du Cercle Concorde posent pour la police en 2007 - JPG - 37.9 ko
Les patrons du Cercle Concorde posent pour la police en 2007
Document Bakchich

Patron du gang en vogue des bergers braqueurs de Venzolasca – « monté en épingle par la presse », nuance un grand flic –, Ange-Toussaint Federicci (numéro 6 sur la photo) attend son procès pour homicide volontaire, au chaud dans une prison francilienne. Après six mois d’une cavale si tranquille, en 2006, qu’il se permit même de passer voir les services du juge d’application des peines de Bastia…

Feu son bras droit Jacques Butafoghi (numéro 4 sur la photo) a assuré « la sécurité » du Cercle jusqu’à sa fermeture. Tué le 20 novembre dernier, le garçon est hors-jeu. Et Paul Lantieri qui demeure injoignable…

L’ex-directeur artistique du Concorde (numéro 3 sur la photo) aurait pourtant pu donner de fins conseils aux nouveaux patrons. Pour l’inauguration du Cercle en 2006, Monsieur Paul avait su faire « buzzer » le Cercle Concorde. Le mondain s’y bousculait. De Charles Villeneuve, para de TF1 mal réceptionné au PSG, au couple Kouchner, en passant par l’acteur Yvan Attal, le footeux retraité David Ginola, et tout ce que Marseille et la Corse comptent de notables, de politiques et d’avocats…

Depuis octobre 2007, Paul demeure introuvable. Et compte bien le rester. Pourtant les juges marseillais aimeraient bien lui causer. Les dernières rumeurs sur l’île de Beauté l’annonçaient du côté de l’au-delà. « Faux, on l’a localisé près de Rome, peste un flic marseillais, mais le pouvoir ne veut pas le récupérer. »

Tant pis pour la chaleur des nuits parisiennes.

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