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TF1, Sarkozy a crevé de show

France 2 a raconté Jospin. TF1 se chargera ce soir de Sarkozy. 3h à l’un pour expliquer sa défaite de 2002, 1h30 à l’autre pour préparer le terrain de ses prochaines victoires : régionale d’abord, présidentielle ensuite. Dix Français prendront part, castés au fil des reportages sur la chaîne, et animé par le JPP des JT, Jean-Pierre Pernaut, au récit du monde selon Sarkozy.

Reviens, JPP reviens !

Le choix du gourou du 13h, consensuel et rassurant, plus au fait de la recette du chou farci que de la cuisine politique élyséenne, a de quoi interroger. D’autant que la cuisson à feu doux de Sarko se fera dès 20h, par Laurence Ferrari, pas franchement des plus hostiles en terres UMP.« C’est la première fois qu’on me met face à un Président dans une émission de télévision » confiait-il ce matin à Europe 1. Une juste récompense de 22 ans de bons et loyaux services sur le credo de la mi-journée de la chaîne privée à labourer les destinées de notre « France profonde ». Celle qui ne ment pas, contre ces fainéants de grévistes. Pas suffisant en tout cas à le faire élire en 1983 à Amiens sur la liste d’opposition au maire communiste René Lamps, "malade qu’il était de voir le vieil Amiens complètement abandonné et en ruines".

Extraits (non-coupés) d’un de ses J.T. durant les grèves des cheminots en 2008 (mis en ligne par raboiboin) : « Troisième jour de galère pour les usagers qui, eux, n’ont pas le choix et doivent travailler jusqu’à 65 ans tous les matins ». Ou encore : « La mobilisation syndicale contre la réforme se heurte depuis plusieurs semaines à la volonté très claire du gouvernement de créer un système plus équitable en matière de retraite. C’était dans le programme de Nicolas Sarkozy. Il a été élu en partie pour ça ».

Déontologie oblige, l’heureux élu sait se montrer rassurant : « je n’ai reçu pas une directive, pas un contrat sur le contenu de l’émission ». L’Histoire ne plaide pas en sa faveur.

Simulacre de démocratie

En 2007, dans une émission sur le même principe, "J’ai une question à vous poser", avec un panel, alors, de 100 Français, l’émission Arrêt sur images avait alors décrypté les dessous du programme en direct. Qui, derrière les apparences, n’avaient en réalité rien de la spontanéité que l’on pouvait attendre : questions connues à l’avance des journalistes, de la direction de la chaîne. Un des panelistes raconte alors que le matin de l’émission, ils avaient été convié à un briefing en présence du gratin de la tour de verre de TF1. Avant de voir débarquer Sarko, quelques instants avant le début du direct, dans un salon réuni pour l’occasion. Et ajoute la journaliste « pour faire un peu de charme, claques dans le dos pour certains, bises pour certaines et plaisanteries pour tout le monde ».

Pas facile donc pour « les vrais gens » de pouvoir en découdre avec le président de la République. Pierre Le Méhanès, syndicaliste CGTiste qui promet de ne pas « participer à l’émission pour faire de la figuration », devra pourtant intégrer les contraintes inhérentes à ce genre d’exercice que d’anciens participants avaient, après coup, critiqué. Comme le cas de Jerôme Monod qui voulait prendre la parole contre l’avis du présentateur qui ne voulait pas la lui donner. Ou cet autre qui regrette « qu’on a qu’une seule question à poser et c’est tout, sans pouvoir répondre », avant de conclure que « tout cela était un faux débat ».

Dominique mis Ambiel

Autre mécontent imprévu, Dominique Ambiel, ancien directeur de communication du Premier ministre Raffarin et coureur de jupons boisés (pris en flag’ en 2004 dans sa voiture avec une donzelle un peu trop jeune), qui accuse TF1 de « pillage » car selon lui, c’est « notre société A Prime qui a apporté le concept de l’émission. » Dont Poivre d’Arvor était, en plus d’animateur de l’émission, associé de la boîte. Avant d’ajouter dans les colonnes du Parisien que « le titre est le même que celui que nous avions proposé avec le pilote de notre émission : "la Parole aux Français". »

Manque de pot pour l’intéressé, Bakchich a retrouvé un droit de réponse du même Ambiel sur Agoravox.com, qui suite à des critiques de Bayrou sur les coulisses du Sarkoshow, avait déclaré en février 2007 qu’il « souhaitait rectifier les informations erronées suivantes : C’est la société KM Productions dirigée par Renaud Le Van Kim qui a organisé le show de Nicolas Sarkozy à la Porte de Versailles, et non la Société A Prime Group. » Faudrait savoir. Ainsi que cet aveu : « Nicolas Sarkozy n’est pas « un de mes meilleurs amis » : je ne l’ai plus rencontré depuis mai 2004. » Date de l’escapade du chenapan avec une prostituée roumaine de 17 ans. Un perdu de vue qui ne devrait pas durer. « Paroles de français ».

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Rayclid

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