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Guillon, "le rire est mon métier"

Stéphane Guillon a reçu Bakchich l’autre semaine dans sa loge du théâtre Dejazet. L’occasion d’un passage en revue de ses cibles : Sarkozy, BHL, Eric Besson…

Comme chaque soir jusqu’à fin avril, Stéphane Guillon étrille Sarko, BHL, DSK et les autres au théâtre Dejazet, à Paris. Le chroniqueur de France-Inter, un poil tendu, nous reçoit dans sa loge. Sur un canapé éventré et sous une lettre de Guy Bedos qui commence par « Cher filleul », il nous parle de ses têtes de Turc préférées ou redoutées.

Stéphane Guillon - JPG - 39.8 ko
Stéphane Guillon
Dessin Decressac

Les bons clients

Sarkozy « Les Français en ont ras-le-bol de ce système parfois monarchique, de cet homme qui fait un discours sur le développement durable en Corse et, quand il rentre à Paris, bloque la circulation avec un cortège de vingt-cinq voitures, j’ai compté. Pourtant ce n’est pas facile : il est très caricatural et très caricaturé. Les blagues éculées sur sa taille, ça va, faut trouver autre chose. »

Carla « J’aime bien (rires). Ca marche très fort. Je ne sais pas ce que c’est, Carla, mais il y a matière à rigoler. »

BHL « Les Français en ont assez des imposteurs. Dans mon spectacle, je me moque de BHL, un personnage que l’on voit dans
tous les médias et qui n’a pas grand-chose à dire. »

Les mauvais clients

Fillon « Il tient la boutique. Il fait le job. Il n’a pas de casseroles. C’est un personnage digne. Moi, je ne m’y risquerais pas. »

Ben Laden « C’est aussi un mauvais client. Personne ne sait s’il est mort. Il est virtuel aujourd’hui. On n’a pas envie de
rire de ce type. »

Les incolores, inodores

Éric Woerth et Luc Chatel « Catastrophique, les inodores ! Je n’essaierai jamais de faire rire avec Éric Woerth. Luc Chatel,
c’est pareil, il a appris son métier chez L’Oréal où il a été DRH. Ces types sont clonés. Ils ne font que répéter le discours du patron. Guy Bedos m’a dit un jour : “Méfie- toi de certaines cibles”. Il ne faut pas rire des faibles. »

Les traîtres

Besson « C’est une nouvelle figure, le traître. Les Français détestent. Ils supportent les opportunistes, les canailles. Ils n’en
veulent pas longtemps aux magouilleurs. Sur ce créneau des lâcheurs, vous avez le choix : Besson, Kouchner… Kouchner est le
moins pardonnable, parce qu’il représentait de vraies valeurs : la générosité, le médecin, les ONG… Besson, c’est Joe Dalton, c’est pas facile parce que c’est trop facile, et là ça devient dangereux. Ces deux-là doivent se sentir bien seuls quand ils se retrouvent chez eux. Ils n’ont plus d’image, et c’est la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un. »

DSK « Dans mon spectacle, il devient Premier ministre de Nicolas Sarkozy pour son prochain quinquennat. »

La concurrence déloyale

Frédéric Lefebvre « Il fait le travail à notre place. Avec Nadine Morano, c’est du bon cru. Dès qu’on prononce leurs noms, les
gens se marrent. Le problème, c’est que c’est quasiment de la concurrence déloyale. »

Et Stéphane Guillon ?

« Quand je me moque d’Aubry, elle prend quatre points dans les sondages et quand je m’en prends à DSK, il devient l’homme de gauche préféré des Français. Mon métier n’est pas d’attaquer, mais de faire rire »

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Selon le Nouvel Obs, le bon président Sarkozy a jeté son dévolu sur le chansonnier et patron de Charlie Hebdo Philippe Val pour prendre la direction de l’antenne de France Inter.