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Souffle

Il y a cinquante ans, À bout de souffle
sortait sur nos écrans. Quel bon titre et
son « C’est dégueulasse ? Qu’est-ce que
ça veut dire, dégueulasse ? »
 ! Il irait
comme un gant à la France des régionales
 : on a voté à reculons, sans passion,
sans illusions, dans un pays essoufflé.
Comme dit Montebourg, la gauche n’a
pas vraiment de quoi pavoiser, même
si, apparemment, ses sortants ont fait
un boulot apprécié.

À part ça, la seule
proposition politique de Chef Titine aura
été de pendre Frêche par les roustons,
avec le résultat que l’on sait : du vent…

À droite, le Président joggeur a un point
de côté, c’est clair. Certains l’imaginent
même se laissant doubler par Fillon
,
qui trottine sur place depuis trois ans.
En laissant de gros nuls exaspérants
gérer sa communication politique (le
Xavier, dit « Déni-oui-oui », a coûté au
moins trois points à sa famille à force
de chanter sous la pluie en roulant des
yeux comme jadis Jerry Lewis), le Super-
Président de naguère a pris la couleur
grisâtre du looser pas fier, planqué derrière
ses roquets pour éviter les courants
d’air. Et dans le genre paravent, mieux
vaut l’élégant parchemin chinois au
lourd Xavier Bertrand.

Et puis il y a les Verts, qui ont sauté dans
l’ascenseur, et ne réalisent peut-être pas
vraiment que leurs emmerdements
commencent.
Car sur dix élus, chez
eux, il y a, certes, quatre politiques,
mais aussi trois membres de la SPA
dont un aurait voté Bardot si elle s’était
présentée parce que les phoques, c’est
trop mignon, un baba-cool végétarien,
un ennemi paradoxal des éoliennes et
un fanatique du grand hamster (il vit en
Alsace, voyez le résultat). Dur à gérer.

Il y a cinquante ans, on commençait
à sentir la brise des Trente Glorieuses.
Aujourd’hui, on a 50 % d’abstention et
le come-back de la tribu Le Pen
, mais
surtout deux millions de chômeurs plus
quatre millions de fauchés dont personne
n’a vraiment parlé. Et qui attendent
un peu d’air frais. Autant en emporte
le vent…