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Charles Pasqua condamné au banc de l'infamie

"Décidément, monsieur le juge, vous y allez un peu fort." Le 29 novembre 2000, la perquisition rondement menée au conseil général des Hauts-de-Seine vient de s’achever. Patron de l’assemblée départementale, Charles Pasqua est dans une colère noire. Sans états d’âme, le juge Philippe Courroye lui annonce son intention de faire un tour à son domicile. L’affaire dite de « l’Angolagate » débute.

Une bataille judiciaire féroce s’engage entre l’un des monstres de la politique française, Charles Pasqua, le vendeur de Ricard devenu ministre d’État, et Philippe Courroye, brillant magistrat instructeur nommé, depuis, avec l’onction de l’Élysée, procureur de Nanterre. Dix ans après ce bras de fer, les condamnations devant les tribunaux ordinaires pleuvent contre le malheureux Pasqua. Octobre 2009 : trois ans de prison, dont un an ferme, pour avoir reçu des fonds des Angolais. Avril 2010 : dix-huit mois définitifs, dans un dossier de financement de la campagne des européennes de 1999.

Durant son instruction sur les liens troubles entre le clan Pasqua et l’Angola, le juge Courroye découvre d’autres malversations, autrement plus graves, puisque commises alors que Charles Pasqua était ministre de l’Intérieur, entre 1993 et 1995 : attribution suspecte du casino d’Annemasse à ses amis corses, versements illégaux de commissions lors de passation de marchés par une société d’État, la Sofremi, ou encore pour l’acquisition d’un siège social à GEC Alstom. Autant de pots-de-vin versés, deux fois sur trois, via son ami Étienne Leandri.

Les trois dossiers sont jugés, à partir du lundi 19 avril, devant la Cour de justice de la République, composée de douze sénateurs et députés. Exceptionnelle, la procédure n’a été utilisée de façon décisive que dans l’affaire du sang contaminé contre les anciens ministres socialistes Laurent Fabius, Edmond Hervé et Georgina Dufoix, tous trois relaxés. Cette fois, et sur la base de dossiers accablants, Charles Pasqua risque dix années de prison. Sauf si, entre truculence et menaces, il arrive, une fois encore, à mettre les rieurs de son côté. Il lui faudra bien du talent.

Un dossier complet et inédit à lire cette semaine dans Bakchich Hebdo, en vente chez tous les marchands de journaux. 1 euro

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Philippe Courroye, qui a instruit l’Angolagate, témoigne devant le tribunal. L’occasion pour les avocats de Pasqua, Marchiani ou Falcone de tirer à vue.
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