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Eric Besson contre la retraite à 62 ans
Tous unis pour la réforme ! Qu’importe si Nicolas Sarkozy assurait dans son programme présidentiel de 2007 que « le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer » ou dans son débat avec Ségolène Royal que « le financement des retraites est équilibré jusqu’à l’horizon 2020 », ni qu’il se targuait d’avoir « voté la retraite à 60 ans » face à DSK en 1981 (version longue)… Le « coeur de la réforme » des retraites, selon le ministre du Travail Eric Woerth, est bien l’augmentation de l’âge légal du départ à la retraite de 60 à 62 ans en 2018.
De Xavier Bertrand à Gérard Larcher en passant par Luc Chatel, François Fillon ou Jean-François Copé, tous à droite saluent cet allongement. Il en est un au gouvernement qui risque pourtant de se faire très discret sur le sujet… Dans son dossier sur les retraites, le site de l’INA a mis en ligne une vidéo assez savoureuse.
En février 2003, Eric Besson, alors député PS de la Drôme n’était pas encore le caustique auteur du rapport sur "L’inquiétante rupture de Nicolas Sarkozy" paru quatre ans plus tard (qui a disparu d’internet mais que nous avions résumé ici).
Mais le « spécialiste des questions sociales au Parti Socialiste » était déjà très critique envers la politique du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin dont la priorité était à l’époque la réforme des retraites promulguée en juillet 2003 après moult négociations avec les syndicats.
Une aberration…
Alors que Michel Charasse, Michel Rocard, Bernard Kouchner et Jacques Delors (le papa de Martine Aubry) soutenaient le projet, Eric Besson se moquait de cette réforme qui « n’est pas financée » et qui « est injuste ». Le futur ministre de l’Identité nationale donne ses arguments contre la retraite à 62 ans :
« Comment peut-on demander à ce que l’on travaille jusqu’à 62 ou 65 ans alors que nous n’arrivons pas -je l’ai vu en tant que député et en tant que maire- à trouver du travail pour les chômeurs de plus de 50 ans ? Aujourd’hui le monde de l’entreprise rejette les plus de 50 ans. Et à ceux-là même, il faudra leur dire : cotisez plus de 40 ans. C’est une aberration ! »
Bonus : En 1990, l’économiste de l’INSEE Jean-Claude Chesnais préconisait déjà des mesures de la réforme de Woerth. Un "oubli" cependant : « le recours plus net, plus franc, moins caché à l’immigration ». Dis, Besson, pourquoi tu tousses ?!
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