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Corruption
Ouf, l’Inspection générale a blanchi Éric Woerth. Imaginez que les inspecteurs
aient trouvé étonnant que la première fortune féminine de France n’ait pas été
contrôlée depuis des lustres, alors que des tas de contribuables moins cosmétiques le sont, paraît-il, tous les trois ans : mince alors ! D’autant plus que la fraude fiscale, elle, n’est plus à établir, elle est grosse, grasse et avouée,
avec une sérénité sur laquelle Frédéric Lefebvre n’a pas osé s’étendre, mais il
doit la juger admirable, tant, pour lui, madame L’Oréal est la madone des
brushings d’enfer. Donc, le ministre qui laisse sans bouger cette dame frauder
en paix, et ses services qui repèrent une île paradisiaque dans son patrimoine
et ne s’en occupent pas parce que sa propriété « n’est pas établie », c’est
normal ? Alors, notre fisc est dirigé par un fantôme et contrôlé par des blaireaux, et n’attendez rien de l’Inspection, puisque son rapport est un pur
produit du système qu’il est supposé inspecter. La prochaine fois, interrogez
Paul le poulpe, il se goure jamais, lui.
D’accord, Woerth n’a pas la tête de l’emploi. On le voit mal empocher des
enveloppes. Voilà le meilleur argument de ses potes, même s’ils n’osent pas le
dire comme ça. Et pour cause : cela porterait à penser que d’autres ont,
en revanche, parfaitement le profil pour le rôle, et que, lorsque pointe un
soupçon de magouille en liquide dans leurs affaires, c’est tout sauf invraisemblable.
Par exemple, un gars qui commence son mandat en augmentant
son propre salaire, qui, depuis des années, marine dans le caviar de
ces grandes fortunes pleines de yachts, puis fabrique un bouclier fiscal pour
leur épargner d’atroces souffrances et leur ristourner pour Noël des mandats
de 30 patates, ça n’a pas, avec le pognon, les timidités de n’importe qui :
demandez à Berlusconi, dans ce monde où 1 000 euros, c’est un pourboire pour le voiturier, 150 000, ça ne compte pas. Surtout quand on s’aime !
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