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Benjamin Lancar, le chouchou de l'UMP
Allure dégingandée, arrivée sur scène encore incertaine, Benjamin Lancar fait figure de premier de la classe à la tribune des « journées d’été 2010 » de l’UMP à Port-Marly dans les Yvelines. Le « djeun’s » le plus médiatisé de l’UMP depuis Jean Sarkozy vient d’être largement réélu président des Jeunes Populaires avec 78% des voix. Pourtant, il paraît encore tout penaud devant ses petits camarades lorsqu’il reçoit sur l’estrade les félicitations tant attendues du président de l’UMP, Xavier Bertrand.
A quoi reconnaît-on le chouchou ? C’est le seul à avoir le droit de porter son tee-shirt fluo sur les épaules comme une cape de super-héros. La chance ! C’est aussi le seul à se dire modeste. Non, il ne doit pas son succès qu’à lui. Oui, il doute beaucoup. « Benjamin Lancar, tout le monde s’en fout » se gargarise-t-il. Pourtant, l’élève modèle n’a pas attendu pour créer son micro parti « Le 10e en mouvement » uniquement destiné… à le soutenir lui-même.
“Bal-la-dur”
A l’âge de 7 ans, en 1993, le petit Benjamin était déjà soumis à la tendre férule d’une institutrice consciencieuse qui lui apprit à écrire les noms des personnalités de droite. A l’époque, il épelle “Balladur” en se demandant qui cela peut-il bien être. Son premier souvenir politique.
Après c’est le tableau d’honneur. HEC, Sciences-Po, élu conseiller régional d’Ile-de-France en mars. Un parcours sans faute. Et il le jure, ce n’est « pas le Père Noël » qui lui a offert ses diplômes. Formaté par les grandes écoles, il brigue aujourd’hui l’ENA et dit assumer la langue de bois. Il se voit déjà député et conseiller de Paris.
Dans la famille Lancar, ce n’était pas « sois de droite ou crève ! ». Ouf, on est soulagé. Mais son père, « modèle de self-made man » devenu écrivain après un CAP de plomberie, était plutôt de droite. Sa mère était une grande déçue du mitterrandisme. Et sa soeur, plutôt de centre gauche, vote quand même pour le chouchou de la famille quand il est en position éligible.
Alors le plus grand rêve de Benjamin Lancar, ce serait de décomplexer ces « pauvres » jeunes de droite qui se sentent persécutés. Ca sent le vécu. Dès que « Benji » s’affirme de droite pendant ses années lycée, il se fait « traiter de facho, de mec pas cool ». Il avoue même avoir perdu quelques-uns de ces petits camarades effrayés par cette nouvelle vocation. Dur, dur d’être un jeune de droite. Mais, lui, il ne s’est pas laissé faire. Il remercie même les jeunes de la LCR du Lycée Condorcet qui lui ont donné « d’autant plus envie » de s’engager.
Passionné et charmeur, il essaye tant bien que mal de gommer son image de bachoteur premier de la classe : « c’est pas une phrase que je vous ressors et que j’ai apprise sur une fiche ». Mais il échoue à tenir dix minutes sans citer un de ses intellectuels préférés : Schumpeter, Finkielkraut ou encore Hubert Védrine.
Pas que des bons points
Depuis sa première élection en 2008 à la tête de la pouponnière de l’UMP, le petit protégé de Xavier Bertrand ne cesse de faire parler de lui. Mais il ne collectionne pas que les bons points. On lui reproche le « lipdub » collector de l’université d’été 2009 dans lequel les ministres du parti majoritaire se ridiculisaient en se trémoussant en chanson. Plus récemment, il s’est encore illustré sur Beur FM en traitant les joueurs de l’équipe de France de « racailles ». Mais le petit impertinent assume tout tant que ça crée le buzz. Comparé à Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes Socialistes, qui donne « envie de se pendre », tacle Benjamin Lancar, lui, au moins, il a réussi à captiver les médias.
Tous ses petits copains en culottes courtes font mine de l’embrasser gaiement devant le maître d’école, en l’occurrence Xavier Bertrand. Mais lorsqu’on gratte un peu le vernis, nombreux sont ceux qui le critiquent vertement comme sur Facebook où a fleuri un « groupe anti Benjamin Lancar ! » destiné à « tous les militants » qui ne veulent pas « d’un arriviste technocrate qui sera le pantin de la direction UMP ». Loin d’avoir été le « grand moment de démocratie interne » auquel il voudrait faire croire, sa réélection est entachée de lourdes accusations de tricherie. Blacklisting de ses opposants, truquage des listes en sa faveur. Benjamin Lancar ne s’est apparemment pas fait que des amis à la récré. « Mais qui d’autre ? », murmure-t-on dans les rangs du gouvernement.
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