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Rencontre avec le conseiller immigration de Sarko

Une taupe d’extrême droite à l’Élysée ? C’est la rumeur qui a enflé dans les rédactions, après la révélation, par le Monde, des noms des deux conseillers du chef de l’État qui avaient rédigé le discours de Grenoble sur la sécurité, prononcé le 30 juillet. Du genre musclé. L’histoire ne retiendra pas le nom de la première plume présidentielle, Cédric Goubet, chef de cabinet à l’Élysée. En revanche, le second conseiller, Maxime Tandonnet, qui travaille avec Nicolas Sarkozy depuis 2005, est présenté, ici ou là, comme l’inspirateur extrémiste du chef de l’État. Un genre de Patrick Buisson, ce politologue aux amitiés douteuses, consultant à l’Élysée, qui a fait couler beaucoup d’encre voici un an.

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«  La presse nous présente, Buisson et moi, comme coauteurs du discours de Grenoble, mais je ne l’ai jamais rencontré », explique Maxime Tandonnet. Et de poursuivre : «  Peu importe, j’apparais comme le coupable idéal pour les adversaires de la politique sécuritaire actuelle. » C’est lui en effet, énarque et sous-préfet, qui a travaillé sur la grande loi répressive de 2006. Et lui encore qui, sous l’autorité de Claude Guéant et de Christian Frémont, respectivement secrétaire général et directeur de cabinet à l’Élysée, est désormais en charge des dossiers sensibles de la sécurité et de l’immigration.

Le procès en sorcellerie lepéniste qui est fait à Tandonnet est bien mal venu. Discret, de tradition familiale gaulliste, cet énarque ne s’est jamais inscrit à un parti. Dans un ouvrage paru en 2009 [1], Maxime Tandonnet s’est livré à une passionnante enquête sur les 3 000 lycéens qui ont bravé l’occupant pour commémorer le 11 novembre sur les Champs-Élysées, en 1940, premier grand acte de résistance aujourd’hui oublié.

Le conseiller de Sarkozy mène, depuis dix ans, une véritable croisade pour « réconcilier la France avec son immigration. Les bons sentiments, assène-t-il, ne peuvent pas servir de politique. On veut bien accueillir toute la misère du monde, mais de préférence dans le jardin de son voisin. » Les remèdes que Maxime Tandonnet préconise pour « sortir du chaos » – du titre de son dernier ouvrage [2] –, relèvent de l’artillerie lourde. « Nos voisins favorisent l’immigration du travail, constate-t-il, pas nous. » Et aussi : « Pourquoi nous refusons-nous à raccompagner à l’étranger des immigrés sans-papiers quand ils ont des enfants, alors que les autres en Europe le font ? » Ou encore : « Il n’est pas normal que les déboutés de l’asile politique, deux tiers du total, restent en France. »

Avec une précision chirurgicale, Maxime Tandonnet rappelle quelques données de base. Au hasard : la progression dans les années 90 du nombre d’étrangers entrés en France, passant de 150 000 à 300 000, via, notamment, l’asile politique ou les études ; les 91 000 kilomètres de frontières des pays européens de l’espace Schengen bien difficiles à surveiller ; ou, enfin, l’explosion, entre 1998 à 2004, du nombre de grands malades admis à être soignés en France, passant de 1000 à 16000.

Dans la foulée, Tandonnet évoque « le lynchage » médiatique dont serait victime l’actuelle politique gouvernementale. Et le même de stigmatiser, chez certains opposants à la politique élyséenne, le rapprochement « insidieux, permanent, obsessionnel » avec la période vichyste.

Projeté dans la lumière des médias, Maxime Tandonnet se veut flegmatique. « Seule la vérité des faits m’intéresse », professe ce lecteur de Charles Péguy, Raymond Aron et Albert Camus. Du classique. Pour autant, Maxime Tandonnet n’est pas un tiède. Et qu’il soit « très peu gauchiste », comme le Canard enchaîné l’a écrit, le fait sourire. « Ce n’est pas vraiment méchant, n’est-ce-pas ? » Est-ce dû au mimétisme avec son patron ? Dans ce plaidoyer contestable mais étayé, le conseiller de Sarkozy cède parfois à l’invective, évoquant « une délinquance de haine » dans les cités ghettos et «  la haine de soi » des élites bien-pensantes. Dommage, ces excès de langage discréditent son propos. « C’est possible », admet Tandonnet, qui a la modestie des vrais orgueilleux. « Si c’était à refaire, je le referais ».

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