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Retraites et flou artistique
Sarkozy veut en finir avec les retraites, d’autant plus qu’il n’a aucune idée précise des détails du dossier. Il faut dire que personne ne semble capable de dépasser les slogans pour en donner une image à peu près compréhensible.
Le montant du déficit brandi pour cette année (35 milliards d’euros) est, à bien des égards, mystérieux et, à part quelques technocrates de Bercy, personne n’est capable de dire d’où vient ce chiffre. Quant à la gauche, elle réclame une réforme « juste » dont elle serait bien en peine de définir les contours.
D’ailleurs, lorsque Terra nova, think tank proche du PS, selon l’expression consacrée, a sorti des propositions, leur brutalité aurait pu faire passer les idées du gouvernement pour des avancées sociales !
Pseudo-analyses
En fait, il n’y a que deux positions claires : celle des syndicats d’abord, qui sont pour le maintien des 60 ans. Que ce soit possible, souhaitable ou conforme aux attentes des populations n’a aucune importance. La retraite se prend à 60 ans, un point c’est tout.
Celle de Sarkozy ensuite, qui a compris que les agences de notation se sont emparées du dossier. Or lesdites agences ont la double caractéristique de la nuisance et de l’incompétence. Il faut donc s’en servir, les brandir comme menace et s’appuyer sur leurs pseudo-analyses qui sont d’autant plus péremptoires dans la forme qu’elles sont ridicules sur le fond.
Comme elles n’ont compris de notre système de retraite que l’âge de départ, Sarkozy sait dans quel sens il faut agir : se cramponner aux 62 ans et laisser Fillon, Woerth – du moins ce qu’il en reste – et les syndicats s’invectiver.
Bonnes gens qui marchez dans les rues des grandes villes, vous vous croyez les victimes de l’inhumanité des marchés et des agences de notation. Si cela peut vous consoler, vous ne l’êtes que de leur bêtise…
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