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Malek Boutih, le flingueur à la rose
Malek Boutih fut chargé au Parti socialiste, pendant cinq ans, des questions de l’immigration, du racisme et de la lutte contre le sida. Ce proche de François Hollande a toujours détesté Martine Aubry. Qui l’a écarté du secrétariat national, la tête du parti.
Mardi 28 septembre, Boutih a estimé que Aubry avait "un problème avec la vérité politique", soulignant qu’"il n’y a qu’à voir la manière dont elle slalome sur le dossier des retraites". "Entre ce qu’on dit aux Français aujourd’hui sur le haut de la tribune et ce qu’on fera demain si on est en responsabilité, il y aura plus qu’un décalage", a prédit le toujours membre du bureau national du Parti socialiste.
Sortez-le par la porte, Malek rentre par la fenêtre. Pendant la campagne des régionales au printemps dernier, l’ancien président de SOS Racisme avait pris la défense de Georges Frêche contre la liste dissidente PS, qu’il estimait n’être qu’une vaste "manœuvre politique qui n’a rien à voir avec la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme".
Jusqu’à souhaiter, peu de temps après la débâcle socialiste aux européennes en 2009, que le PS perde la prochaine présidentielle puisqu’elle "n’apporterait pas une espérance nouvelle". Sur le projet de loi Besson ? Boutih, que bon nombre jugent Sarko-compatible, ne pipe mot, ou si peu. "Jouer la carte de la division, vu son passé, serait très mal apprécié des cadres et des militants", assure une huile de l’Assemblée.
D’autant que son rapport de 2004 sur l’immigration, qui prônait une politique des quotas, n’a pas laissé un souvenir impérissable au PS. Hollande l’avait gardé sous scellé, loin du regard des médias. Une vieille connaissance de Boutih de se rappeler : "Ça a été écrit à la va-vite, il y avait encore des fautes d’orthographe. Sans aucun travail de fond." Aujourd’hui, changement de micro avec ceux de la radio, Boutih est chargé des relations institutionnelles à Skyrock. Pour gagner d’autres voix.
Et l’immigration dans tout ça ? Au PS, au sein de l’équipe Aubry, personne ne voulait du poste. C’est Sandrine Mazetier qui a hérité du titre de secrétaire nationale chargée de ce sujet, historiquement épineux pour la gauche. A lire dans Bakchich Hebdo n°40 !




