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Ségolène Royal, la tata flingueuse
Vingt-neuf ans après son mentor Mitterrand, Ségolène nous refait donc le coup de « la force tranquille » (qu’elle incarnerait), mais pas sur fond de vieux clocher.
"Le gouvernement doit entendre l’avertissement que viennent de lui lancer les Français. Il doit suspendre sa réforme, autrement il sera tenu responsable de ce qui se passera ces prochains jours dans la rue", a déclaré la Présidente picto-charentaise mardi soir sur TF1. "Peut-on raisonnablement conduire une réforme comme celle-ci contre les Français ?"
Ces temps-ci, au nom de « l’unité » prétendument retrouvée, les ténors socialistes mâchonneraient des chardons avec le sourire. La politique est amour. Naturellement – à son échelon, on n’a qu’une parole –, Ségolène, déjà écartée du premier secrétariat au terme d’un scrutin discuté, ne déviera pas de l’engagement qu’elle a pris, sur une chaîne un peu confidentielle (France 5), à la fin mai dernier : « Faire [le cas échéant] le sacrifice d’une ambition personnelle et faire gagner la gauche. » Sans jamais jouer les nuisibles.
Du gâchis, à vrai dire. Notre amie le répète : ce qu’elle a fait en Poitou-Charentes peut « être fait au niveau national » [1]. Niveau où elle marque des points. Quand Martine s’égosille sur la retraite à 60 ans, Ségo, inspiratrice autoproclamée d’Obama – jamais défaite, elle, à des législatives –, se targue sans réserve d’avoir eu, au final, la peau de la taxe carbone (elle avait levé, à gauche, l’étendard de la révolte)…
Le vieux routier Pasqua l’a glissé un jour : de tous les présidentiables du PS, « Madameu Royaleu » lui paraît toujours la mieux armée pour remporter des suffrages au-delà de son propre camp. De fait, Ségo a récemment proposé de faire encadrer les délinquants par des militaires, mais sans doute pas pour effrayer l’électorat adverse. Sarko lui-même n’a jamais eu si martiale idée…
Dauber sur les ambitions contrariées de François Hollande, fait, dit-on aussi, le meilleur des échanges mensuels des deux rivales socialistes. Plaisir momentané. Et qui, dans un « parti de gouvernement », ne doit pas empêcher plus de prospective. On a connu, naguère, le duo à secousses Mitterrand-Rocard. On suit aujourd’hui le feuilleton du tandem Barack-Hillary, concurrents aux primaires. Faut-il déjà imaginer le ticket gagnant – contre DSK peut-être – Ségolène Présidente-Martine Première ministre ? Ou l’inverse : Royal à Matignon, Aubry au Château ? Ce dernier cas de figure présente un gros inconvénient : il ne fait pas du tout « force tranquille ».




