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Anti-grèves, rien ne va plus !

Dur labeur que de remettre les minots en grève au boulot. Chez les syndicats étudiants de droite, on a passé l’âge. Le président de l’UNI, mouvance historique née des cendres de 68 ? Olivier Vial, un bon père de famille, marié, deux enfants et la trentaine passée ! Et qui a succédé à Jacques Rougeot, après 40 ans de métier.

Mais la statue du Commandeur de l’UNI, c’est l’inamovible Gérard Daury, 76 berges, qui continue de faire historiquement le ponts avec les partis de droite, RPR puis UMP. « On l’appelle le patron » confie un militant, car « c’est grâce à lui qu’on peut remplir les salles de meetings pendant les élections et assurer le service d’ordre ». Une conception patriarcale du militantisme assumée et revendiquée.

Alors forcément, la ligne actuelle du syndicat, outre l’incitation à jouer « l’apaisement », c’est de cibler les parents. Leur dernière idée : ordonner « des poursuites contre les adultes qui encouragent les lycéens » à manifester. Culotté !

A l’inverse, les nouveaux-nés de « réformons nos lycées » (une dizaine), des ex de l’UNI qui ont fait leur crise d’ado, car privé de micros, exigent rien de moins qu’« une loi contre l’obstruction d’un service public ». A grand coup de communiqué de presse pour se la jouer pro.

Dessin de Ray Clid - JPG - 28.1 ko
Dessin de Ray Clid

L’UMP dans ce petit fatras a bien tenté d’imposer sa voix. Fin 2009, Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement, était fier de réunir tout ce joli monde dans ses quartiers pour créer une nouvelle structure aux ordres de Sarko. Et ne plus laisser le monopole du cœur syndical à l’UNI. Le Mét (mouvements des étudiants) naissait en janvier 2010. Puis patatras ! En mars, aux élections syndicales dans les facs, le hochet de l’UMP fait fanny : aucun représentant élu au niveau national. Depuis, ni vu ni Apparu. Il ne veut plus entendre parler de son avorton.

À son lancement, le syndicat avait pourtant mis le paquet pour se faire connaître. La boîte de com’ Plan Créatif avait été choisie et n’a pas manqué de saler la note. « Plus de 250 000 euros tout compris avec création de logo, nom, étude qualitative, site internet, et premier évènement » confie un membre. D’ajouter : « Aujourd’hui, le bureau national continue d’être payé mais ne se réunit presque plus ».

Du côté du Mét et de l’Élysée, on admet attendre les vacances scolaires. Car, contre la toux gréviste des lycées, le meilleur remède, c’est encore la Toussaint !

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Ils sont pour ou contre les manifestations contre la réforme des retraites. Mais eux, ont-ils déjà manifesté ? On a posé la question aux élus.