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La réélection de Sarko Junior vue par l'ex-maire de Puteaux
« À Puteaux, ils vont tricher. La mairie sait très bien faire cela », lâche Charles Ceccaldi-Raynaud, 85 ans, ancien maire de la ville et toujours conseiller général. À la veille du vote des militants UMP de la circonscription englobant les villes de Neuilly et Puteaux dans les Hauts-de-Seine, pour la désignation de leur délégué, il nous livrait son pronostic : « L’élection sera entachée d’irrégularités. Jean va passer dans un fauteuil ».
Le fils du Président de la République a été réélu avec 85,62 % des suffrages, contre quatre autres candidats. Rémy Galas, son adversaire le plus dangereux, n’a obtenu que 6,57 % des voix. En 2008, Jean Sarkozy était le seul à poser sa candidature. Cette fois, trois fois plus de militants se sont déplacés pour ce scrutin.
Quatre fois moins d’adhérents
« Je serai très intéressé de savoir d’où viennent ces militants trop fois plus nombreux ? Ont-ils payé leurs cotisations, ou plutôt, qui a payé leurs cotisations ? », interroge l’ancien député des Hauts-de-Seine, que nous avons joint au téléphone vendredi. En juin 2008, lorsque Jean Sarkozy devient le délégué de la circonscription de Neuilly-Puteaux, l’UMP compte 4109 militants à jour de cotisations. Au 31 décembre 2009, il n’en restait que… 1134.
En mai 2010, certaines sources locales assuraient que les militants seraient moins d’un millier. « Ma fille, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, est coutumière de méthodes très spéciales. Juste avant les dernières élections municipales, toutes les personnes qui reçoivent leurs repas à domicile se sont vues remettre des procurations en blanc. N’est-ce pas de la tricherie ? », rappelle Charles Ceccaldi-Raynaud.
Guerre chez les Ceccaldi-Raynaud
Originaire de Corse, maire de Puteaux depuis 1969, une commune moins emblématique que Neuilly mais plus riche, Charles Ceccaldi-Raynaud a occupé presque toutes les fonctions politiques, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, député et sénateur.
Gravement malade en 2004, il cède son fauteuil de maire à sa fille Joëlle. Rétabli quelques mois plus tard, l’ancien suppléant de Nicolas Sarkozy veut reprendre sa place, mais sa fille s’y oppose. Depuis, père et fille se livrent une guerre sans merci : « Ma fille n’a jamais réussi à passer son bac. Elle n’a ni les qualités intellectuelles ni les qualités morales pour être maire », déplore le toujours conseiller général de Puteaux.
Circonscription en péril
Suppléante de Nicolas Sarkozy, Joëlle Ceccaldi-Raynaud lui a succédé à l’Assemblée nationale en 2007. Mais la tâche s’annonce difficile en 2012, Elle aura pour adversaire Jean-Christophe Fromantin (divers droite), le très populaire maire de Neuilly, élu contre les vœux de l’Elysée en 2008. Elle devra aussi compter sur l’hostilité de son papa, qui compte encore des partisans à Puteaux.
« Ma fille Joëlle veut que son fils lui succède. Elle ne se rend toujours pas compte que nous ne sommes pas dans un émirat. Les Français ont pourtant montré, avec l’affaire de l’EPAD, qu’ils étaient hostiles au retour de la royauté », lâche Charles Ceccaldi-Raynaud, toujours bon pied bon œil à 85 ans.
Peut-être faut-il préciser pour nos lecteurs qu’après le désistement de Jean Sarkozy pour la présidence de l’EPAD, le poste est revenu à… Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Une élue qui expliquait récemment à ses électeurs comment ne pas rater une tarte aux mangues.







