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Le parti écolo, c'est pas du Joly

Un nom dans toutes les bouches mais défendu du bout des lèvres : celui d’Eva Joly au sein du nouveau parti Europe Écologie-Les Verts. « Depuis la rentrée, Cécile Duflot fait le service minimum pour la soutenir », confie un membre de la direction nationale. Si bien qu’un sondage Ifop place Duflot (43 %) devant l’ex-juge d’instruction (39 %) pour incarner les idées et les valeurs de l’écologie. Encore un bouton qui saute de l’habit de présidentiable d’Eva Joly ! Que nombre d’élus, cadres et militants ont arrachés un à un pour différentes raisons.

Même dany fléchit

Les députés verts n’ont par exemple pas digéré son absence aux journées parlementaires, à Arras, sans aucun mot d’excuse. Ni les lâchages de dernière minute aux conférences de presse à l’Assemblée. Surtout quand il s’agit de s’opposer à la loi Besson sur l’immigration.

Des cadres historiques ensuite, aucun ne s’est précipité pour servir de point d’appui à la candidature Joly dans le parti. Yves Cochet, Noël Mamère, Jean-Vincent Placé, Dominique Voynet, Yves Contassot et Jean-Marc Brûlé l’accusent en partie de faire les yeux doux au Modem, dont elle avait évoqué l’idée de porter les couleurs aux élections européennes. Autres reproches : avoir serpenté sur la question des retraites et s’être aliéné la frange antinucléaire en voulant maintenir les « centrales existantes » en attendant de voir. Joly ne participe d’ailleurs pas aux réunions de la direction des Verts chaque mardi. Ni au bureau exécutif composé de la petite vingtaine de membres influents de l’organisation.

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Son soutien jusque-là indéfectible, Daniel Cohn-Bendit, qui avait fait appel à elle à la fin 2008, montre des signes de fléchissement. Depuis, Dany a fait des appels du pied à Hulot, dont il a défendu en filigrane l’idée d’une candidature au congrès de Lyon et dans une lettre aux militants. Sa dernière sortie, constater que le débat "le plus intéressant serait Strauss-Kahn contre Sarkozy" car DSK est "intellectuellement le plus apte à trouver des compromis pour nous faire avancer". Exit Joly

Reste que l’ex-magistrate peut compter sur un triumvirat tout acquis à sa cause. Un universitaire, Édouard Gaudot et deux eurodéputés, Pascal Canfin et Yannick Jadot, exdirecteur des campagnes de Greenpeace. Une mauvaise langue de rappeler qu’« en 2001 il était déjà là pour épauler Mamère à la présidentielle, mais il avait été si nul qu’ils ont été obligés de s’en débarrasser ». Une équipe de choc, donc, qui se retrouve chaque semaine à Bruxelles, mais sans rien peser dans le parti… André Gattolin, plume de Dany le Vert, mesure l’effort de Joly « à vouloir parcourir les fédérations et faire parler d’elle dans la presse régionale ». Soucis, tout cela a un coût et le nouveau bébé écolo accuse déjà des dettes cumulées de plus de 500 000 euros. Sans prix d’ami.

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