Tweets by @Bakchich

Vous êtes ici

Les relations particulières de Julian Assange, porte-parole de WikiLeaks

La visite de cet Australien de 39 ans aux cheveux blonds et au teint blafard sur les bords du lac Léman coïncidait avec une session du Conseil des droits de l’homme consacrée aux Etats-Unis. L’objectif de Julian Assange : témoigner des violations des droits de l’homme commises par les Américains en Irak.

« Si les Etats-Unis veulent être un pays crédible pour la défense des droits de l’homme, ils doivent mener des enquêtes sur les violations présumées de ces droits », lâchait le responsable de WikiLeaks, avant d’ajouter : « Au lieu d’enquêter sur ces abus, les autorités américaines ont adopté une attitude agressive à l’égard de mon organisation en la menaçant publiquement et en cherchant à la détruire ».

Deux Iraniens, un Tunisien

Tout en fustigeant Washington qui lui rendait la vie impossible, Julian Assange annonçait qu’il envisageait de demander l’asile politique à la Suisse, un pays neutre où sa fondation pourrait travailler en toute sécurité.

Julian Assange - JPG - 12.5 ko
Julian Assange
Dessin de PieR

Seule surprise durant ce bref séjour dans la Confédération : cet homme traqué avait répondu à une invitation de l’Institut international pour la paix, la justice et les droits de l’homme (IIPJDH).

Quasiment inconnue avant l’arrivée du porte-parole de WikiLeaks, cette ONG, basée dans le canton de Genève, passe pour être soutenue par des mouvements islamistes. Son président, Mousavi Seyed Raed Seyed Mohsen, et son vice-président, Bassirzadeh Esmaeil Gholamreza, sont originaires de Téhéran (Iran), tandis que le secrétaire, l’avocat Ridha Ajmi, vient de Tunisie. Naturalisé suisse, il a autrefois appartenu au Parti de la Renaissance (Hezb Ennahda), un mouvement politique islamiste, à Tunis.

Aux abois financièrement ?

On retrouve également le nom de Ridha Ajmi à la Ligue des Oulamaas sunnites, fondée en avril 2010, dont le but est de « mettre en évidence les éléments fondamentaux de la religion musulmane pour lutter contre les préjugés de l’islam ». Par ailleurs, l’étude de Maître Ridha Ajmi se félicite d’avoir pu détruire « les fichiers avancés par le bureau tunisien d’Interpol qui ont servi à l’ouverture d’une procédure de recherche internationale d’un opposant tunisien qualifié arbitrairement de “terroriste“ ». Bref, l’IIPJDH affiche clairement la couleur, comme lorsqu’il soutient l’envoi de bateaux vers Gaza et dénonce les violations commises par l’État d’Israël.

On peut toutefois se demander pourquoi un homme traqué comme Julian Assange a accepté l’invitation d’une organisation aussi marquée politiquement, au risque de se voir accuser par Washington de faire le jeu des islamistes.

S’agissait-il d’une simple provocation de sa part ? À moins qu’aux abois financièrement, WikiLeaks n’ait trouvé d’autres solutions pour approcher le palais des Nations à Genève ?

Mehdi Ben Hamida, le directeur de l’IIPJDH s’est contenté d’indiquer qu’il avait «  travaillé trois mois pour faire venir Julian Assange », ajoutant, « Ce fut très difficile. Il est prudent ».

-----


Bakchich Hebdo n°49 : Wikileaks ; les perroquets de Ségolène Royal ; les cités marseillaises livrées aux dealers ; la mode flic selon Hortefeux ; Philippe Séguin ; DSK. Hebdo téléchargeable ici.

Depuis l’unité psychiatrique d’une prison du Kentucky, Jonathan Lee Riches assigne à tout-va. Dernière cible : Wikileaks et Julian Assange, dans une histoire délirante avec Obama et Sandra Bullock. Accrochez-vous (…)

Dans une conversation avec des diplomates US rapportée par Wikileaks, le juge antiterroriste Ricard arguait de sa "réputation" pour avoir réussi à faire condamner Djamel Beghal malgré des preuves (…)

Les députés ou la Wikignorance