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Augustin Legrand, petit politique

Où est passé Augustin Legrand, la grande gueule des Enfants de Don Quichotte, la voix des sans-abri ? Certes, avec l’arrivée du froid, le comédien recommence à dénoncer les promesses non tenues du gouvernement en matière de logement. Mais ses coups de force restent bien en deçà de celui du canal Saint-Martin, en 2006. C’est désormais un collectif de 31 associations qui organise les événements médiatiques, comme celui du pont des Arts, où des tentes rouges ont été installées, le 5 novembre. Lors de la réunion qui a suivi entre François Fillon et les associations, celui qu’on surnommait « l’abbé Pierre » n’a rien dit, ni pendant ni après. C’est Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre qui s’y est collé : "Il ne fallait pas qu’il y ait de confusion, et que l’on dise que c’était une manifestation Europe Ecologie."

Augustin Legrand - JPG - 20.1 ko
Augustin Legrand
Portrait de Mor

Paralysé

Depuis son élection au conseil régional d’Ile-de-France sous l’étiquette Europe Écologie, Legrand a du mal à trouver sa place, entre son engagement politique et celui de militant associatif. Ils ne sont pas toujours compatibles. Après une absence prolongée de plusieurs mois cet été pour cause de tournage à Tahiti – qui a d’ailleurs mal fini – avec son ami Mathieu Kassovitz -, Augustin Legrand a fait sa rentrée en septembre. Placée numéro trois sur les listes d’Europe Écologie pendant la campagne, la star de la société civile ne préside aucune commission. Les Verts historiques ont verrouillé les postes clés.

Toujours vêtu de son anorak, le rebelle découvre, au conseil régional, un monde de technocrates éloigné des réalités du bitume et des tentes Quechua. Les lourdeurs institutionnelles, le poids des services semblent le paralyser, au point d’apparaître totalement transparent pour la majorité. « Comme beaucoup d’entre nous issus de la société civile, il se cherche dans ce rôle institutionnel », défend Jean-Luc Touly, conseiller régional Europe Écologie. Son copain Julien Bayou, de l’association Jeudi noir, également élu, de renchérir : « Le logement dépend beaucoup du ministre Benoist Apparu. Et pour tenir les promesses de campagnes en matière de budget, il faut se battre avec Jean-Paul Huchon. »

Agacé

Augustin Legrand doit aussi se familiariser avec les luttes internes aux Verts. Le numéro d’ego de Daniel Cohn-Bendit au rassemblement du parti, à Nantes, l’a agacé au point de glisser à un proche : « J’en ai marre, je démissionne. » « Les questions de structure m’ennuient profondément », confie-t-il à Bakchich. Sur le terrain, la situation n’est guère meilleure pour le comédien militant. Son engagement politique est mal passé auprès de certains compagnons de route des Enfants de Don Quichotte. Michel Henry, l’un des cofondateurs, implanté à Montpellier, a monté une nouvelle structure cet été. Militant dans l’âme, Legrand continue d’arpenter le pavé, mais autrement. Il ne rate pas une réunion du collectif des 31 associations qui réclament une autre politique de logement. « Je suis leur bras armé, certifie-t-il. Nous espérons faire du logement une thématique de la présidentielle. » Legrand continue de voir grand.

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