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Bakchich, satire encore

Le trou creusé, le cercueil scellé, la dernière pelletée de terre jetée… et même des bouquets gentiment déposés. « A Bakchich, le journal que nous aimions tant ». Les garnements du web, les sacripans de l’info, les minots de l’enquête rentraient dans le rang, abandonnant stylo et clavier. Bakchich.info était mort, soit en langage web, cessait d’être actualisé. Hagards, délaissés, éplorés, lecteurs, sources et collègues ont pleuré la disparition d’un site estampillé cinq ans durant « Enquêtes, informations et mauvais esprit ».

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C’était le 26 janvier, cinq mois, une éternité en temps médiatique à l’actualité dense. Mort du grand Satan Ben Laden, agitation du grand épouvantail migratoire, peurs atomiques, primaire socialiste, révolutions arabes, les feuilletons n’ont pas manqué. Et se profile le plus intense de tous, la présidentielle française.

Les Bakchich sont éternels

Même les sagas dont Bakchich.info avaient posé les premiers épisodes, se relancent. La télénovela à plusieurs milliards de l’affaire Bettencourt repart. Marseille semble ne jamais devoir se lasser de sa série Poubelle la vie, dopée par son dernier avatar le dossier Guernica. L’affaire de Karachi hante encore la vie politique française. Wikileaks poursuit la révolution de l’information. Le monde arabe enchaîne les révolutions. Et L’OM, le plus grand club du monde, si sage après ses succès de l’an dernier, s’en vient à sursauter au moment ou l’ennemi héréditaire se transforme en Qatar Saint Germain. Les rémunérations des grands patrons, elles, n’en finissent plus de crever les plafonds, quand l’imposition des grands groupes français s’échine à briser des planchers.

Préférez la satire aux satyres

Sous la table des politiques, sous les bureaux des entreprises, sous la ceinture de DSK les bakchichs pleuvent. Avec satyre mais sans satire. Un vide immense d’humour dans le flot d’informations.

S’est manifesté comme un manque. Au cours de ce sevrage obligé, l’amoncellement de tentations a été trop fort pour ne pas donner l’envie, le goût de replonger. Impossible de résister plus longtemps. La danse de Saint-Guy de l’actualité a fini d’attiser les cendres encore chaudes de la rédaction. Jusqu’au miracle. Le mauvais esprit fondateur a ressurgi des limbes de la toile.

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Réjouissez-vous divins lecteurs, séchez vos larmes abonnés, riez derechef amoureux de la satire, il est réssuscité. Une fois de plus Bakchich, phénix des haut bois du web, renaît. Ravi ou envoutés de l’apparition, les nouveaux propriétaires, Christophe Février ; industriel, acteur majeur du développement durable, producteur télé et Cinéma et Gérard Ponson, homme de médias ; Entrevue, choc, Les Dessous Du Sport – LDDS ont décidé de confier la renaissance du site à l’un de ses plus jeunes fondateurs, Xavier Monnier.

Le Lazare de la toile

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Avec l’onction de Nicolas Beau - qui fut le directeur de la rédaction de Bakchich et dont les conseils resteront précieux pour la relance- et avec le coeur de l’ancienne équipe, lui a été confiée une tâche toute simple. Relancer d’ores et déjà la machine sur Internet, en alimentant le site existant d’informations exclusives, d’enquêtes corrosives et de décapants dessins. Lui incombe également de penser, avec le coeur de la rédaction, à la nouvelle brise d’impertinence que pourra faire souffler Bakchich sur le web.

Malgré sa chaotique histoire, notre site n’a jamais renoncé à se lancer dans des aventures un peu folles. Premier site d’informations non adossé à un grand média en 2006 ( folie qui sera baptisé pure player par la suite), à créer un hebdomadaire sur Internet en 2007, à concocter des enquêtes vidéos en 2008, à se lancer à la conquête des kiosques en 2009, à déposer la bilan en 2011… Sa résurrection ne dérogera pas à la règle. On ne revient pas d’entre les morts - ou du tribunal du commerce- sans en être un brin affecté. Une nouvelle version du site déboulera en octobre. Avec plus d’interactivité, de relations avec ses lecteurs, une meilleure utilisation des ressources techniques et technologiques du média Internet. Ainsi cette relance ne sera pas une simple continuation, mais une nouvelle évolution de Bakchich. Dont l’essence ne change bien évidemment pas.

Enquêter, informer, se marrer. Et provoquer autant de rires que de grinçages de dents. Sans restriction, sans protéger qui que ce soit. Partis, syndicats, entreprises, homme d’affaires ou hommes publics, politiques français ou étranger… Sans haine ni violence, avec la même humilité de jeune scribouillard des débuts, la même auto-dérision, le même sourire de sale gosse. Et la même envie.

Ravis d’être de retour !

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4 mai 2006. Local enfumé. Un brouillard printanier flotte au 6B passage Thiéré. Premier étage. Après un escalier au carrelage brisé un étroit couloir. Quelques canette de bière trônent devant une porte entr’ouverte. Un léger clapotis laisse songer à une (…)